Le 27 janvier 2019, une double attaque suicide à la bombe (un mélange d’explosif militaire et de nitrate d’ammonium, cocktail employé fréquemment dans la région) s’est déroulée dans la cathédrale Notre-Dame-du-Mont-Carmel à Jolo, capitale de la région autonome du Mindanao à majorité musulmane. 21 personnes ont été tuées et 81 autres ont été blessées. Les autorités ont imputé cette action terroriste à Hatib Sawadjaan, l’émir de l’État islamique à Sulu. Mais l’émir pour l’ensemble des Philippines serait un certain Owaida Benito Marohombsar alias Abou Dhar, en remplacement d’Isnilon Hapilon neutralisé lors de la bataille de Marawi le 16 octobre dernier. Les kamikazes de Jolo seraient de nationalité indonésienne. L’action a été revendiquée par l’« agence » Amaq, l’« organe de presse » habituellement utilisé par Daech, ainsi que sur des canaux Facebook et Telegram.

Les activistes philippins semblent avoir une tactique particulière : préserver les combattants locaux qu’ils ont formés, car ils sont considérés comme des investissements coûteux, et employer des volontaires étrangers comme kamikazes. De plus, cela évite de faire une enquête approfondie sur leur passé pour savoir s’ils ne sont pas des agents des services secrets infiltrés.

Le groupe Abou Sayyaf mène depuis des années des actions de guérilla contre les autorités. Radullan Sahiron a refusé de faire allégeance à Daech en 2014. Il a donc perdu trois groupes qui se sont transformés en l’EI-Basilan, l’EI-Sulu et l’EI-Lano dirigés respectivement par Isnilon Hapilon, Hatib Sawadjaan et Abou Dar.

Furuji Indama est devenu émir de l’EI-Basilan en remplacement de Hapilon qui a été désigné émir pour l’ensemble des Philippines.

Publié le

Texte

Jean-Pierre Husson

Photos

DR

Lire aussi