Les postes isolés sont progressivement fermés pour tenter de mettre fin aux pertes enregistrées par les forces gouvernementales.

L’hiver dernier, le président afghan Ashraf Ghani avait fait état de 45 000 morts parmi les forces armées et de sécurité depuis son arrivée au pouvoir en septembre 2014. Environ 50 % de ces pertes auraient été enregistrées au sein des petites garnisons isolées et à des postes de contrôle.

« La tactique des checkpoints a échoué », a récemment reconnu le général afghan Dadan Lawang, lors d’une visite dans la province de Paktiya, au sud de Kaboul. « Nous voulons réduire leur nombre et établir des bases solides dès maintenant », a-t-il précisé. L’idée de fermer ces petites garnisons isolées est pourtant taboue dans les milieux politiques afghans, pour lesquels un poste fortifié arborant le drapeau national sous-entend que le gouvernement contrôle la zone, quand la politique afghane est bâtie sur un patchwork d’alliances avec des potentats locaux. En effet, les gouverneurs de districts et les parlementaires afghans estiment, pour la plupart, que c’est la seule représentation visible du gouvernement dans les régions éloignées ;
ce qui expliquerait la présence de troupes dans des endroits qui n’ont aucun sens sur le plan militaire, mais qui sont considérés politiquement importants pour Kaboul. Pourtant, selon le général américain Scott Miller, qui dirige la mission de l’OTAN en Afghanistan et les forces américaines stationnées sur place, fermer ces postes de contrôle relève d’une « priorité tactique » pour les forces afghanes, qui « ne perdent pas d’éléments lors d’opérations offensives et qui tuent les talibans », a-t-il récemment insisté devant des responsables du Pentagone. En revanche, d’autres officiers supérieurs à Washington estiment que les soldats afghans font preuve de peu d’entrain pour aller au contact et que, de ce fait, abandonner ces postes de contrôle reviendrait seulement à céder du terrain aux talibans et, parallèlement, amènerait les forces afghanes à se retrancher dans des bases plus importantes. De son côté, le colonel David Butler, porte-parole de l’armée américaine à Kaboul, pense le contraire, estimant qu’à partir de ces bases plus importantes les troupes afghanes mèneront davantage d’opérations offensives autonomes et bien plus efficaces contre la rébellion. Pour marteler son message, le général Miller effectue de fréquents voyages à travers le pays, s’entourant de commandants afghans pour leur montrer les conditions de vie de leurs hommes dans les postes isolés et, pour la plupart, délabrés, où les troupes sont approvisionnées au compte-gouttes, trop souvent privées de vivres et de salaires réguliers.

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