Moscou modernise ses implantations en Syrie, notamment la base de Hmeimim et le port de Tartous

La raison principale de la présence militaire russe en Syrie depuis 2015, c’est d’y développer une infrastructure durable qui lui permet d’intervenir au Proche-Orient et en Méditerranée orientale. À cette fin, la base aérienne de Hmeimim a considérablement été modernisée ces derniers temps.
Des hangars permettant d’abriter les aéronefs des intempéries, mais aussi d’attaques de drones qui se sont multipliées ces derniers mois, sont désormais opérationnels. Les conditions de travail des mécaniciens s’en trouvent aussi sensiblement améliorées.

Le deuxième progrès technique a consisté à installer un système d’avitaillement en carburant centralisé, qui offre une plus grande fluidité des mouvements aériens. La construction d’une seconde piste, actuellement en cours, devrait aussi permettre l’intensification du trafic aérien, en cas de besoin. La base est déjà à même d’accueillir tous les types d’aéronefs jusqu’aux plus lourds.
Pour le moment, une trentaine d’aéronefs y sont déployés en permanence : des Su-35S, des Su-34 et des Su-24, ainsi que des hélicoptères Mi-35 et Mi-8AMTSh.
Ce chiffre pourrait être facilement multiplié par trois, en cas de nécessité.

Parallèlement, les « facilités » du port de Tartous sont en train de se transformer en une base navale capable d’accueillir à quai des navires de forts tonnages. L’accord conclu avec Damas en 2017 spécifie que 11 navires de guerre (dont des bateaux à propulsion nucléaire) sont déjà autorisés à y stationner. La présence simultanée de deux sous-marins de classe Kilo a été notée en septembre.

En plus de l’allongement des quais, des ateliers de maintenance lourde sont en cours de construction, ce qui donnera à Tartous des capacités d’escale et de réparations renforcées.

Le duo Hmeimim-Tartous donne à la Russie des capacités d’intervention militaire sur zone qu’elle n’a jamais eues dans le passé. Il n’empêche que le point faible de ce dispositif reste l’accès logistique à cette région, conditionné par les passages maritimes obligés des détroits du Bosphore et de Gibraltar, d’un côté, et le survol de pays étrangers (Iran, Irak, Turquie), de l’autre.

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Alain Rodier

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