Dans la province d’Idlib, un négociateur membre de la choura d’Al-Qaïda « canal historique » est à l’œuvre

Ce n’est pas un mystère, la province d’Idlib, située au nord-ouest de la Syrie, est en train de devenir un mini-émirat islamique. Si Daech en est pour l’instant exclu, il semble qu’Al-Qaïda « canal historique » est à la manœuvre. Ainsi, un vétéran de la nébuleuse, membre de son organe de commandement (la Choura), qui aurait été dans le passé un collaborateur direct d’Oussama ben Laden, jouerait le « monsieur bons offices » pour régler les problèmes entre les différents groupes présents sur zone. Il est connu sous le nom (vraisemblablement un pseudonyme) d’Abou Abd al-Karim al-Masri (l’Égyptien). C’est lui qui aurait négocié entre Abou Mohamed al-Joulani, l’émir du Hayat Tahrir al-Cham (HTC), ancien Front al-Nosra qui a pris l’avantage dans la province d’Idlib, et les responsables du Hurras al-Din, un groupe toujours affilié à Al-Qaïda « canal historique », Abou Hammam al-Chami et Sami al-Ouraydi. Pour cela, il a fondé des « comités de réconciliation » qui ont réglé des problèmes concrets concernant notamment les sphères d’influence, la distribution d’armements et surtout la guerre des communiqués entre les différents mouvements. Même Ayman al-Zawahiri, après avoir sévèrement condamné l’attitude d’al-Joulani qui avait déclaré rompre ses relations avec Al-Qaïda centrale, évite désormais d’attaquer de front le HTC et son émir. Il faut dire que les seuls combats sur le terrain depuis des mois survenaient entre mouvements rebelles. À savoir que les forces régulières syriennes n’ont pas accès au cœur de la province car elles en sont séparées par une zone de sécurité contrôlée par des forces russes et turques suivant les accords de Sotchi signés le 17 septembre 2018. Cela ne les empêche pas de se livrer à des bombardements ponctuels au sud de la province, peut-être pour rappeler qu’elles existent.

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Jean-Pierre Husson

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HAS

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