Un mois et demi après l’attaque de Nairobi, les shebabs ont frappé à Mogadiscio.

Le 1er mars, des islamistes shebabs ont mené une attaque coordonnée contre un hôtel de luxe en plein cœur de Mogadiscio, le Maka al Mukarama, un établissement apprécié des notabilités somaliennes. Presque comme à chaque fois lors de ces coups de main lancés par les Shebabs, un véhicule-suicide a d’abord explosé à proximité du bâtiment visé. Profitant de la confusion provoquée par l’explosion, un commando a pénétré en force dans l’hôtel en tirant sur tout ce qui bougeait, personnels, clients et membres des services de sécurité. Plus de 30 victimes seraient à déplorer. L’action a été rapidement revendiquée par les Shebabs qui ont prétendu avoir aussi tué 10 membres des forces spéciales. Quatre terroristes auraient été neutralisés, mais, selon Abdulaziz Abou Moussab, le porte-parole militaire du mouvement, d’autres activistes seraient parvenus à s’exfiltrer après des heures d’affrontements.

Les Shebabs, qui avaient subi des coups très durs en 2011 de la part de la mission de l’Union africaine en Somalie (AMISOM pour African Union Mission in Somalia) soutenant les autorités somaliennes, ont méthodiquement repris du terrain en profitant des différents retraits de leurs adversaires. Ils sont désormais installés en force dans le sud et au centre de la Somalie et sont aptes à mener des actions ponctuelles dans toute la région. Déjà le 15 janvier dernier, cinq activistes des Shebabs avaient fait irruption dans le complexe hôtelier de luxe DusitD2 à Nairobi, au Kenya, faisant 21 victimes (dont un Américain et un Britannique). Ils avaient été finalement abattus. Le 7 mars, une voiture piégée faisait six morts et des dizaines de blessés dans une allée fréquentée, à proximité du palais présidentiel.

Il serait urgent de tirer les leçons de cette guerre que les autorités avaient présentée comme « gagnée » en 2011, afin de ne pas commettre les mêmes erreurs que celles qui ont conduit à la situation actuelle avec Daech sur le front syro-irakien.

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Texte

Jean-Pierre Husson

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MIS

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