La rand corporation estime qu’il est impératif de renforcer les capacités de défense des pays baltes.

Face à la « menace russe », la Rand Corporation, dans un rapport réalisé à la demande du Pentagone, propose un plan de 125 millions de dollars pour renforcer les capacités de défense de l’Estonie, de la Lettonie et de la Lituanie. Ce plan préconise la livraison aux trois pays baltes de véhicules tactiques légers, de systèmes de vision nocturne, d’armement léger d’infanterie, notamment antichar, de minidrones, de systèmes de transmissions durcis et de communications satellitaires, d’équipements informatiques et de systèmes de défense sol-air. Le rapport de la Rand Corporation propose également de développer les capacités de défense totale et de guerre non conventionnelle de ces trois pays afin de dissuader, retarder et perturber une éventuelle agression militaire de la part de la Russie. À ce titre, l’institution de conseil américaine recommande la constitution de stocks décentralisés et de caches d’armes, d’équipements divers et d’approvisionnement permettant de subvenir aux besoins des groupes et des cellules de résistance en cas d’invasion. Dans ce cas, la défense des pays baltes s’organiserait selon quatre niveaux : high-end violent action, avec l’engagement des forces régulières, y compris de la garde nationale et des forces d’opérations spéciales, pour les actions directes ; low-end violent action, avec la participation de miliciens et/ou de forces paramilitaires, qui se chargeraient notamment des opérations de sabotage et des embuscades contre les convois logistiques ; unconventional warfare, activité confiée aux populations civiles pour assurer le recueil de renseignements sur le terrain et le soutien aux forces de la résistance (approvisionnement, soins des blessés, etc.) ; nonviolent action, autrement dit de résistance non violente (désobéissance civile). Ces quatre niveaux, selon la Rand Corporation, compléteraient les moyens de défense conventionnelle des pays baltes et de l’OTAN, permettant à cette dernière de gagner du temps pour s’organiser et intervenir.

Cela dit, rappelons que les trois pays baltes, ainsi que la Pologne, ont obtenu de l’Alliance atlantique la mise en place d’une présence avancée renforcée sur son flanc oriental, via le déploiement de quatre bataillons multinationaux. Ce dispositif est complété par une force opérationnelle interarmées dite de réaction très réactive (ou V-JTF pour Very High Readiness-Joint Task Force), dont le commandement est assuré par l’Allemagne depuis le 1er janvier dernier, constituant l’avant-garde de la NATO Response Force (NRF). Si l’on ajoute à ces dispositions la clause de défense collective prévue par l’article 5 du traité de l’Alliance atlantique, de telles mesures paraissent suffisantes pour dissuader la Russie de toute action agressive. On peut donc se demander si le rapport de la Rand Corporation ne serait pas quelque peu alarmiste, voire factieux…

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Texte

Jean-Pierre Husson

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OTAN

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