Malgré le déploiement de l’armée, la violence dans l’état du Ceará reste quasi quotidienne.

Plus de 200 attaques et attentats divers ont été recensés depuis le début de l’année dans l’État du Ceará, situé dans le nord-est du Brésil. Le nouveau ministre de la Justice et de la Sécurité, Sergio Moro, a déployé plus de 500 militaires pour faire face à ces violences, que le président brésilien nouvellement élu, Jair Bolsonaro, a qualifiées de « terroristes ».

Plus d’une cinquantaine de villes du Ceará sont touchées par cette vague de violence. Elle serait organisée par des gangs criminels, précédemment rivaux, qui auraient décidé de s’allier pour répondre à la pression exercée par les autorités locales, notamment suite à des mesures disciplinaires strictes imposées dans les prisons, d’où les gangs gèrent le trafic de drogue. Région touristique prisée pour ses plages, cet État du nord-est est aussi miné par la pauvreté. À cause de ses ports, elle est devenue stratégique pour le trafic de drogue et les exportations de cocaïne vers l’étranger. Malgré l’arrestation de plus de 200 suspects et la mobilisation des militaires venus prêter main-forte aux forces de police locales, le Ceará vit dans un état de siège permanent. Le ramassage des ordures est paralysé, tout comme les transports publics, qui sont par ailleurs régulièrement vandalisés. Les banques, les autobus, les commissariats sont la cible des gangs criminels. À Fortaleza, la capitale de l’État, de très nombreux magasins n’ouvrent plus leurs portes. Cette crise est un premier test pour le président Jair Bolsonaro, élu fin 2018 avec un programme de durcissement de la politique de sécurité et de renforcement du système judiciaire et pénitentiaire. Le Brésil compte la troisième population carcérale au monde, avec plus de 740 000 détenus, soit deux à trois fois plus que la capacité officielle des prisons, selon les derniers chiffres du ministère brésilien de la Justice. Pour mettre fin à la hausse de la criminalité, Jair Bolsonaro souhaiterait, par ailleurs, garantir l’impunité aux militaires et policiers faisant usage de la violence dans certaines circonstances, tout en assouplissant les lois sur le port d’arme. Une recette qui s’apparente à celle du président philippin Rodrigo Duterte…

Publié le

Texte

Jean-Pierre Husson

Photos

Photo Exército Brasileiro

Lire aussi