La présence militaire américaine en Afrique se renforcerait-elle davantage, malgré les déclarations du pentagone ?

Documents officiels à l’appui, le site américain d’investigation The Intercept affirme que la présence militaire américaine en Afrique tendrait à se renforcer. Une affirmation qui contredit le discours officiel du Pentagone, lequel annonçait récemment une réduction de 10 % de ses effectifs sur le continent africain au cours des trois prochaines années.

Selon le site en question, qui dit s’appuyer sur des documents officiels, obtenus grâce au Freedom of Information Act permettant à tout citoyen d’avoir accès à l’ensemble des documents administratifs (dont des informations déclassifiées), l’US AFRICOM, le commandement américain coordonnant toutes les activités militaires et sécuritaires en Afrique, disposerait de 34 sites à travers le continent, notamment dans des zones sensibles comme la Libye, le Niger et la Somalie, avec de fortes concentrations donc dans le nord et l’ouest du continent ; régions ayant été le théâtre de nombreuses attaques de drones et de raids de commandos au cours des dernières années. En fait, selon The Intercept, le Pentagone viserait plutôt à un renforcement de son dispositif dans certains pays africains. À commencer par le Niger, où les États-Unis, qui disposeraient déjà de « cinq implantations », auraient pour objectif d’investir, d’ici 2024, plus de 250 millions de dollars pour la construction d’une base aérienne à Agadez. Une enveloppe de 100 millions de dollars a déjà été débloquée, et son budget de fonctionnement est estimé, au bas mot, à 30 millions de dollars par an.

Outre la base d’Agadez, qui devrait être prête pour le second semestre 2019, des éléments des forces spéciales américaines et des instructeurs sont présents dans le pays depuis les années 2000 pour former les forces armées et de sécurité nigériennes. Normalement, l’accord conclu avec les autorités locales donne la possibilité à l’US AFRICOM d’utiliser la base d’Agadez jusqu’en 2024, mais il est probable que Washington négociera une prolongation d’ici cette date. Une autre base au Niger, à Dirkou plus précisément, dans le nord du pays, serait utilisée par la CIA pour exploiter des drones MALE chargés notamment de surveiller le sud de la Libye. Par ailleurs, toujours dans la région ouest-africaine, deux « implantations d’urgence » seraient installées dans le pays voisin, le Mali. Actuellement, la plus grande base américaine en Afrique est Camp Lemonnier, à Djibouti, l’ancienne base de la Légion étrangère, qui accueille plus de 4 000 hommes destinés à des opérations aussi bien en Afrique qu’au Moyen-Orient.

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