Le président Idriss Déby a procédé au remplacement des ministres de la défense et de l’intérieur.

Le général Daoud Yaya, ancien patron de la gendarmerie tchadienne, a été désigné au poste de ministre de la Défense, en remplacement de Bichara Issa Djadallah. Ancien ambassadeur en Centrafrique, où il avait été nommé par le président Déby en 2016, le général Yaya avait commandé le contingent militaire tchadien au Niger, où il avait été blessé par balle en février 2015, lors des combats de Bosso contre des combattants du groupe Boko Haram. 

Autre nomination importante : celle de Mahamat Abba Ali Salah, gouverneur de la région du lac Tchad, qui a été désigné ministre de l’Intérieur et de la Sécurité. La nomination de cet homme originaire du Tibesti pourrait être un signal vis-à-vis des populations de cette région frontalière avec la Libye et le Niger, une région sensible qui abrite plusieurs groupes rebelles, tchadiens, soudanais, nigérians et libyens en conflit avec les forces de N’Djamena. Ces groupes djihadistes, notamment nigérians, mènent régulièrement des attaques au Tchad. Une des dernières en date, qui a eu lieu en octobre dernier, près de la localité de Kaiga Kindji, a coûté la vie à huit militaires tchadiens (selon N’Djamena, 48 djihadistes auraient été tués au cours de cette attaque). 

Parallèlement, le 16 novembre dernier, les États-Unis ont remis aux forces armées tchadiennes plusieurs équipements militaires au titre de la lutte contre le terrorisme dans la région du lac Tchad, plus particulièrement contre Boko Haram et l’État islamique en Afrique de l’Ouest. Cette aide, évaluée à environ 1,3 million de dollars, comprend six bateaux de patrouille et six camionnettes, qui ont été remis à une brigade dite « de sécurisation fluviale ». En mai, les États-Unis avaient également donné deux avions légers Cessna 208B destinés aux missions ISR à la force aérienne tchadienne. 

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Jean-Pierre Husson

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RTD

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