Le 12 septembre, des agents du FBI ont interpellé Jonathan Hunter Kramer, âgé de 21 ans et résidant à Valencia en Pennsylvanie, alors qu'il rentrait dans un hôtel en possession de trois chargeurs de fusil de 30 cartouches et de cinq boîtes de munitions.

Il s’agit de la deuxième arrestation d’un citoyen américain pour un projet d’attentat inspiré par Daech au cours du mois écoulé (1).

Le FBI a ensuite perquisitionné sa chambre d’hôtel et découvert un fusil semi-automatique et des munitions.

Le procureur général Todd Blanche a déclaré après coup : « Alors que les Américains commémoraient le 25e anniversaire du 11-Septembre, nos collègues des forces de l’ordre s’efforçaient de protéger notre pays contre la menace terroriste persistante […] Leur travail remarquable a permis de déjouer cette attaque présumée avant que des vies innocentes ne soient perdues. Le ministère de la Justice poursuivra sans relâche quiconque cherche à terroriser le peuple américain et le traduira en justice. »

Le directeur du FBI, Kash Patel, a dit de son côté : « Le FBI continue d’agir avec une efficacité sans précédent pour empêcher les terroristes de nuire au peuple américain […] L’individu en question aurait planifié un attentat violent pour le compte de l’État islamique : il aurait consulté la propagande de l’EI en ligne, élaboré des plans d’attaque et tenu à plusieurs reprises des propos extrémistes, tout en se procurant des armes en vue de cet attentat. Il a été inculpé de possession d’une arme à feu et nous avons des raisons de croire que cette arme serait utilisée pour commettre un crime de terrorisme. Une fois de plus, ce genre de résultats justifie pleinement les changements que nous avons apportés au FBI et à son fonctionnement : sauver des vies avant que des criminels potentiels ne passent à l’acte […] Bravo au FBI de Pittsburgh et à nos partenaires pour leur excellent travail. »

John Eisenberg, le procureur général adjoint chargé de la sécurité nationale, a précisé : « Kramer a été arrêté au moment même où il semblait se préparer à une tuerie de masse qui aurait pu faire de nombreuses victimes. Il s’était déjà procuré un fusil et environ 190 cartouches pour ce qu’il appelait sa “mission” […] Son inspiration manifestement liée à l’État islamique et son escalade de la violence montrent à quel point notre pays a frôlé une attaque dévastatrice. Cette arrestation a permis d’éviter ce qui aurait pu être une terrible tragédie. »

L’agent spécial Richard Evanchec, responsable du bureau du FBI de Pittsburgh, a élargi le propos : « Le FBI de Pittsburgh et ses partenaires locaux, étatiques et fédéraux continuent de faire face à une menace accrue dans toute la région, émanant de divers acteurs terroristes. Une menace extrêmement alarmante pèse sur notre communauté lorsqu’un individu prête allégeance à une organisation terroriste étrangère, cherche à mettre cette idéologie en pratique et finalise les préparatifs d’un attentat… »

Kramer était connu des services de police et du FBI depuis une enquête antérieure menée datant de 2023. À l’époque, il publiait des messages de menace sur Telegram et Discord. Au cours de l’enquête, les autorités avaient découvert un enregistrement dans lequel Kramer prêtait allégeance à Abou Bakr al-Baghdadi, l’ancien chef de l’État islamique tué en 2019.

Kramer, alors mineur, a par la suite été reconnu coupable par les autorités de Pennsylvanie d’avoir participé à un projet d’attentat visant à faire un grand nombre de victimes et de détenir du matériel pédopornographique.

Il a été condamné à suivre un programme de réinsertion pour mineurs qui a pris fin le 19 mars 2026.

Mais un informateur anonyme avait signalé au FBI, via Internet, la reprise d’un comportement inquiétant de la part de Kramer. Ce dernier commandait notamment des colis « mystérieux » et « contactait ses anciens amis d’avant » sa condamnation.

L’enquête qui a suivi a confirmé qu’il utilisait le pseudonyme en ligne de « Hamza Al Rashid », se réclamant de l’État islamique, proposant de partager des manuels d’explosifs et affirmant se préparer à « sa mission », précisant qu’il lui manquait simplement « une arme ». Il se livrait à de la propagande en ligne pour l’État islamique et le Hamas sur Reddit. Il aurait même suggéré l’idée d’injecter de la ricine ou du cyanure dans des denrées alimentaires en vente en magasin ou lors d’événements culinaires, « de préférence dans des synagogues ».

Le 12 septembre, le FBI avait observé Kramer quitter son domicile un sac à la main et se rendre en VTC dans un magasin où il a acheté un téléphone jetable. À sa sortie du magasin, il a rencontré une personne — non identifiée — sur le parking et a récupéré un long sac noir dans le coffre d’une voiture. Kramer s’est ensuite rendu dans un hôtel de Cranberry Township, en Pennsylvanie, où il a payé sa chambre en espèces.

Des témoins, tant du magasin que de l’hôtel, ont remarqué un cliquetis métallique provenant du sac de Kramer lorsqu’il le posait.

Après s’être installé dans sa chambre, Kramer s’est rendu dans un magasin d’articles de sport et a été observé par le FBI au rayon armes.

De retour sur le parking de l’hôtel, Kramer a été interpellé par des agents du FBI alors qu’il portait deux sacs contenant ses achats du magasin d’articles de sport. Le FBI a ensuite exécuté des mandats de perquisition fédéraux perquisitionnant sa chambre d’hôtel et son domicile. Les agents ont saisi un fusil semi-automatique, cinq chargeurs, dont deux chargés, un bipied, une lunette de visée, 190 cartouches, une pelle de tranchée, un tapis de prière, un spray au poivre et une trentaine de couteaux. Un mot manuscrit a attiré l’attention : « Ne me cherchez pas. Je ne sais pas ce que j’ai fait, mais je ne peux pas vivre dans la peur constante. »

Kramer a comparu devant la justice le 14 septembre. Le tribunal a demandé son maintien en détention sans possibilité de caution en attendant son procès, affirmant qu’il représente un danger pour la communauté.

L’arrestation de Kramer constitue la sixième affaire liée au terrorisme et à l’État islamique aux États-Unis cette année, soulignant la capacité persistante du groupe jihadiste à inspirer ou à favoriser des attentats terroristes sur le sol américain.

Comme cela a été constaté ailleurs, ce sont des acteurs auto-radicalisés sans liens directs avec la nébuleuse jihadiste qui sont impliqués dans ces affaires. Heureusement, ils font preuve d’amateurisme, mais le risque demeure que l’un d’entre eux (ou un groupuscule) passe entre les mailles du filet.