Le Premier ministre Sébastien Lecornu (également ancien ministre de l’Outremer et des Armées) s’est déplacé avec sa ministre Catherine Vautrin à La Réunion et à Mayotte pour annoncer des renforcements capacitaires. Il a déclaré qu’il reviendrait début 2027 afin de vérifier ladite montée capacitaire. Cinq cents militaires sont posés à Mayotte, les légionnaires du 5e régiment étranger (RE) ayant été récemment renforcés (lié au passage du détachement au régiment). Le Premier ministre a annoncé des renforcements capacitaires pour Mayotte, qui est confrontée à une vague migratoire incontrôlée depuis des décennies, et ce, particulièrement depuis que l’archipel est un département français. Les quatre radars actuels (mis en œuvre par le ministère de l’Intérieur) vont être remplacés. Il a aussi annoncé l’arrivée de drones de longue endurance, de drones embarqués et de ballons captifs. Les moyens aériens étaient jusque-là réduits, avec un avion de surveillance léger basique et un hélicoptère de gendarmerie (Écureuil). Treize intercepteurs seront en service en 2028, contre neuf actuellement, et quatre seulement en 2017. Ils sont servis par la police aux frontières et la douane. Un nouvel appareil de surveillance doit arriver en septembre, et la présence navale atteindra 191 jours cette année, a assuré le Sébastien Lecornu. À Mtsamboro, un poste militaire avancé sera établi de façon permanente.

La Marine assure le maintien en condition opérationnelle de tous les intercepteurs, et la coordination maritime.

Le 5e RE a déjà été renforcé, passant d’un peu moins de 300 militaires d’active à 365 actuellement, plus une soixantaine de réservistes et dix civils. Une compagnie d’appui a été créée fin juin dernier. Elle comprend une section d’aide à l’engagement débarqué (SAED), elle aussi nouvellement créée, avec des affectés en mission de longue durée, une section mixte du génie avec deux groupes de génie combat et un groupe travaux, le Centre d’instruction et d’aguerrissement nautique (CIAN) qui dépendait auparavant de la compagnie de commandement et de logistique, un groupe d’appui nautique et deux sections de réserve. Le régiment dispose désormais de quatre embarcations fluviales du génie (EFG) modifiées pour la navigation côtière et il expérimente actuellement des modèles de drones à plus grande autonomie, mais les types ne sont pas connus.

La Réunion reçoit quant à elle un détachement permanent de deux Cougar de l’armée de Terre. Les Forces armées de la zone sud de l’océan Indien (FAZSOI) n’avaient d’autres hélicoptères que ceux de la Marine. Toutefois, ils étaient indisponibles quand les frégates de surveillance étaient déployées en mission dans les Terres australes et antarctiques françaises (TAAF) ou plus au nord. Ces Cougar permettent de gérer rapidement une situation de crise (terrorisme, piraterie maritime) ou une insurrection à Mayotte, sans avoir à attendre le renfort de la métropole. La Réunion figure aussi parmi les zones promises pour recevoir un A400M d’ici la fin de la décennie. Un A400M a d’ailleurs longuement opéré dans cette zone courant août. La mission Pégase doit notamment s’y poser, fin septembre début octobre, avec des Rafale et un ravitailleur Phénix.

Ces renforcements interviennent dans la foulée du cyclone Chido, mais aussi de risques terroristes croissants en océan Indien, et d’expansionnisme russe dans la zone. Madagascar n’a jamais dissimulé son souhait de récupérer les îles Éparses, qui regorgent de poissons, peut-être d’hydrocarbures et de minéraux rares (fonds marins).