Le drone de surface naval (DSN) retrouvé le 8 mai dernier, près d'une grotte de l'île grecque de Leucade, est bel et bien ukrainien, a confirmé le ministre grec de la Défense, Nikos Dendias, précisant qu'il avait informé ses homologues européens, ainsi que le ministre ukrainien de la Défense, qui participait par visioconférence au Conseil européen.
La question est de savoir comment ce drone, bourré d’explosifs, a pu se retrouver si loin de l’Ukraine et à quelles fins. Le porte-parole du ministère ukrainien des Affaires étrangères, Georgiy Tykhy, a indiqué que Kiev « ne disposait d’aucune information concernant le drone retrouvé en Grèce », ajoutant : « Il n’existe absolument aucune preuve qu’il appartienne à des opérateurs ukrainiens de drones maritimes. » Cela étant, le DSN retrouvé par un pêcheur grec serait un drone de type MAGURA (Maritime Autonomous Guard Unmanned Robotic Apparatus), que l’armée ukrainienne utilise en mer Noire contre les navires et les infrastructures navales russes. Mais comment a-t-il pu se retrouver si loin en Méditerranée ? L’hypothèse de plusieurs experts est qu’il aurait été acheminé clandestinement soit à bord d’un navire, soit par semi-remorque arrivé à proximité d’une plage. Quant à l’objectif ? Pour une opération clandestine visant à frapper la flotte fantôme russe en Méditerranée, comme le méthanier coulé en mars dernier entre la Libye et Malte. Selon Moscou, l’attaque contre ce navire, qui provenait de Mourmansk et transportait du gaz naturel liquéfié, aurait été lancée depuis les côtes libyennes « au moyen de vedettes sans équipage appartenant à l’Ukraine ». Cela étant, l’affaire du mystérieux DSN ukrainien intervient alors qu’Athènes et Kiev ont décidé de produire des drones navals en commun.
