Selon des responsables américains et israéliens cités par le quotidien, ce transfert aurait été effectué à l’automne 2025 après la guerre de douze jours de juin 2025. Enfin, le mystère de la localisation des 440,9 kilos d’uranium enrichi à 60% reste entier.
Le président américain Donald Trump a évoqué publiquement Pickaxe Mountain comme une cible potentielle de nouvelles frappes américaines, affirmant que les États-Unis pourraient s’y attaquer « relativement bientôt ».
Plus tôt en juillet, CNN avait effectivement rapporté que des images satellites montraient une activité soutenue de camions sur le site, laissant penser que Téhéran poursuivait des travaux sur zone.
Connu également sous le nom de Kuh-e Kolang Gaz La, ce lieu est censé abriter deux complexes de tunnels profondément enfouis dont la construction a débuté en 2020 après un incendie à Natanz que l’organisme nucléaire iranien avait attribué à sabotage.
Téhéran avait alors déclaré que les halls souterrains étaient destinés à remplacer l’usine d’assemblage de centrifugeuses avancées de surface du site de Natanz.
Il n’a jamais été inspecté par l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA). Les évaluations d’experts suggèrent que le site est construit si profondément sous terre qu’il pourrait être hors de portée des bombes bunker-buster les plus puissantes de l’armée américaine.
Pour les experts : « Il est tout simplement impossible de détruire cette installation. Le mieux qu’on puisse faire est d’essayer de faire s’effondrer les entrées des tunnels.»
Les évaluations du renseignement et l’imagerie satellitaire continuent à soulever des questions sur l’activité qui s’y déroulerait vraiment alimentant les spéculations selon lesquelles l’installation pourrait jouer un rôle dans l’infrastructure nucléaire restante de l’Iran. Mais en réalité, il n’y a aucune preuve tangible connue – même les services israéliens ne semblant pas voir été en mesure de recruter une source bien placée apte à les renseigner -.
Or, les Iraniens – formés à l’origine avec l’aide des Nord-Coréens – sont passer maîtres dans deux domaines : l’enfouissement des installations (fort utile lors de la guerre contre l’Irak et lors des frappes israéliennes puis américaines qui se poursuivent aujourd’hui- et l’Art de la guerre du célébrissime Sun Tzu : la déception (dans le texte, l’« illusion ») :
Dissimuler ses forces et ses positions et montrer ce qui est faux afin de créer de fausses pistes ;
Manipuler la perception en amenant l’adversaire à mal évaluer la situation pour qu’il gaspille ses ressources au mauvais endroit.
Immanquablement, le souvenir de l’opération « Fortitude » en 1943/44 qui est parvenue à tromper les nazis sur le lieu du débarquement est dans toutes les mémoires.
Il n’y a aucune confirmation publique de ce qui se trouve à l’intérieur serait des équipements ou des stocks nucléaires sensibles qui peuvent très bien être cachés ailleurs le site servant ainsi d’appât aux munitions non inépuisables des États-Unis.
Malgré l’affirmation répétée de Trump que les frappes américaines de 2025 avaient « oblitéré » le programme nucléaire iranien, il déclare aujourd’hui dans une interview au Hugh Hewitt Show : « Nous allons sortir Pickaxe Mountain. Dites aux Iraniens d’être prêts » tout en ajoutant dans une lueur de lucidité : « Nous regardons de près (Pickaxe Mountain). On ne voit aucune activité là-bas. Ils ne vont pas bien avec leur situation nucléaire. Chaque fois qu’on en entend parler, on fait sauter. Donc ils n’aiment pas en parler. Mais nous allons probablement donner un coup de Pickaxe relativement bientôt. »
Certes, l’agence de surveillance nucléaire n’est plus en mesure de vérifier la capacité et la production de centrifugeuses iraniennes depuis 2021, ce qui laisse penser que Téhéran pourrait disposer de réserves malgré les frappes menées au cours des deux dernières années.
Trump a de nouveau accusé Téhéran d’avoir de « mauvaises intentions » et a insisté sur le fait que « nous ne pouvons jamais leur permettre de penser même à posséder l’arme nucléaire ».
De son côté, en avril, le guide suprême iranien Mojtaba Khamenei (si c’est bien lui) a juré de protéger les capacités nucléaires et balistiques du pays. Il a déclaré que son pays défendrait ses « technologies fondamentales et modernes – des nanotechnologies et des biotechnologies aux technologies nucléaires et balistiques – comme son capital national et les protégerait au même titre que ses frontières maritimes, terrestres et aériennes.»
a/s les bombes « bunker-buster ».
« Bunker-buster » est un terme général pour les bombes conçues pour détruire les cibles enterrées profondément que les bombes conventionnelles ne peuvent pas atteindre.
La plus puissante de l’armée américaine est le GBU-57 Massive Ordnance Penetrator.
Pesant environ treize tonnes avec une tête militaire de 2,7 tonnes, cette bombe guidée de précision est en acier à haute résistance et construite pour pénétrer jusqu’à plus de soixante mètres sous terre avant d’exploser, ce qui est insuffisant pour les installations supposées de Pickaxe Mountain.
Cela dit, étant donnée leur précision, plusieurs bombes peuvent être mises en œuvre l’une après l’autre au même endroit creusant progressivement le sol pour atteindre les galeries.
Le B-2 Spirit est le seul bombardier américain conçu pour déployer simultanément deux GBU-57.
Techniquement, la solution optimale serait de mettre en œuvre plusieurs armes nucléaires tactiques, ce que le président des États-Unis peut théoriquement faire sans aucun avis extérieur. Dans la réalité, tout dépendrait ensuite des exécutants…
Pour conclure, l’Iran est un pays trop vaste avec des milliers de cibles potentielles réelles ou fausses qui ne peuvent être traitées par les États-Unis car ces derniers n’ont tout simplement pas assez de munitions. Ils seront bien obligés de retourner aux négociations(1)
1.Voir : « Quid des négociations et «’accord’ entre les États-Unis et l’Iran ? » du 17 juin 2026.
