L’ambassadeur iranien en Russie, Kazem Jalali, a confirmé déclarant à l’agence de presse d’État iranienne que le navire « Anna » était ancré à environ cinq kilomètres de l’embouchure de la Volga lorsqu’il a été atteint.
L’ambassadeur ukrainien en Israël, Yevgen Korniychuk, a affirmé que le navire transportait des composants pour drones et missiles vers la Russie et non une cargaison civile.
S’adressant à la chaîne N12 israélienne, il a insisté sur le fait que l’Ukraine et Israël faisaient face au même « axe du mal » sur des fronts différents.
C’est la première fois que l’Ukraine vise directement et officiellement un navire iranien. Le président Volodymyr Zelensky de son côté s’était félicité des « excellents résultats » obtenus par ses forces lors de frappes à longue distance en mer Caspienne – ce qui n’est pas une première(1) -, notamment contre des navires utilisés pour transporter des chargements militaires liées à l’Iran.
Ensuite, dans une interview accordée à Sky News, Zelensky a déclaré que Téhéran prévoyait d’envoyer des missiles balistiques en Russie alors que des rumeurs suggèrent que des missiles à courte portée étaient déjà fournis depuis 2024.
Cet incident est le premier lien direct entre les guerres qui se déroulent actuellement en Iran et en Ukraine. Il convient de souligner que deux cents experts ukrainiens de la lutte anti-drones ont été dépêchés au Qatar, en Arabie saoudite et aux Émirats arabes unis pour former leurs homologues à cette défense particulière. Ils en profitent pour proposer à la vente des drones de défense économiques. Ils auraient aussi collaboré à la protection des bases américaines en Jordanie.
Le ministre ukrainien des Affaires étrangères ukrainien, Andrii Sybiha, a renchéri sur X :« le régime de Téhéran est un complice direct de l’agression russe contre l’Ukraine, alimentant la guerre criminelle de Moscou avec des armes qui ont tué des Ukrainiens depuis 2022. »
Il est parfaitement exact que Téhéran a commencé à fournir à Moscou ses drones Shahed fabriqués localement dès 2022. Les Russes assurent maintenant leur fabrication sur place en les ayant considérablement modernisé.
La mer Caspienne constitue une route d’approvisionnement stratégiquement vitale entre la Russie et l’Iran. Elle est aussi utilisée par d’autres interlocuteurs de la Russie comme l’Inde.
Téhéran a réagi avec colère à cette attaque affirmant qu’un marin avait été tué et plusieurs autres blessés lors de cette attaque bien que l’Iran « ne soit jamais intervenu dans le conflit entre la Russie et l’Ukraine. »
Pour le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, cette action représente « une violation flagrante de la Charte des Nations unies faite à la demande d’Israël pour entraîner l’Europe dans sa guerre. » Plus inquiétant, il a ajouté que l’incident « ne peut pas rester sans réponse.» Téhéran va t’il se contenter de ses « protestations énergiques » ? On attend la suite…
(1) Voir : « Frappes israéliennes sur la Caspienne du 20 mars 2026. »
