Via le dispositif SAFE (Security Action For Europe), Varsovie a officialisé un emprunt de 43,7 milliards d'euros auprès de la Commission européenne pour financer pas moins de 120 programmes, dont une bonne cinquantaine pourraient faire l'objet de contrats d'ici à la fin de l'été.
À ce jour, dix-huit États membres de l’Union européenne (UE) ont sollicité un prêt via le dispositif SAFE, la Pologne étant la première d’entre eux à obtenir le sien. Pourtant, en mars dernier, le président conservateur Karol Nawrocki avait mis son veto à la loi proposée par le gouvernement libéral pour autoriser le recours au mécanisme SAFE, prêt qu’il considérait comme susceptible de « menacer la souveraineté polonaise ». En effet, il estimait qu’il était incompatible avec l’article 4 du Traité de l’UE, qui affirme que la « sécurité nationale reste de la seule responsabilité de chaque État membre ». Cela étant, le gouvernement de Donald Tusk a contourné le veto présidentiel en évoquant l’adoption de la résolution spéciale « Polska zbrojna » (Pologne armée), qui autorise les ministres de la Défense et des Finances à signer un accord avec la Commission européenne au titre de SAFE. Pour mémoire, ce dispositif, entré en vigueur en mai 2025, est un instrument financier qui, doté de 150 milliards d’euros, est censé permettre aux États membres d’accélérer la modernisation et le renforcement de leurs capacités militaires, notamment en encourageant des acquisitions conjointes, via des prêts à taux préférentiels et à long terme. L’une des conditions pour en bénéficier exige que pas plus de 35 % des coûts des composants des matériels commandés ne proviennent de l’extérieur de l’UE, ou bien en Ukraine ou dans un pays faisant partie de l’Espace économique européen ou de l’Espace européen de libre-échange.
