Le département d’État américain a lancé le 26 mars un avis de recherche à l’encontre du président vénézuélien, Nicolas Maduro Moros pour trafic de drogue international. Une récompense de 15 millions de dollars est offerte pour tout renseignement qui aidera à sa capture. Quatre autres personnalités vénézuéliennes sont également visées : le président de l’Assemblée nationale constituante, Diosdado Cabello Rondón, les généraux à la retraite Hugo Carvajal Barrios (déjà  connu pour des activités similaires mais qui a pris partie pour l’opposition en 2019 ; il a été déchu de son grade par Maduro) et Cliver Alcalá Cordones, le ministre de l’Industrie et de la Production Nationale, Tareck Zaidan El Aissami Maddah (la prime n’est que de 10 millions de dollars pour ces individus). Les chefs d’inculpation émis par les tribunaux de Miami et New York sont : « conspiration narco-terroriste [en coopération avec les FARC colombiennes], inondation du territoire américain, avec de la cocaïne ».

Ces accusations viennent s’ajouter aux importantes sanctions décrétées par Washington contre le Venezuela depuis des années (et encore durcies ces dernières semaines) et le soutien appuyé de Washington au leader de l’opposition Juan Guaido.

Le dernier gouvernant latino-américain qui avait été inculpé pour les mêmes charges était Manuel Noriega qui dirigeait le Panama tout en ayant collaboré avec la CIA (en particulier pour lutter avec les Contras contre le gouvernement sandiniste en place au Nicaragua de 1979 à 1989) durant des années. Son pays avait ensuite été envahi en 1989 par les forces américaines. Il a été arrêté en 1990 avant d’être jugé aux États-Unis puis en France. Il est rentré dans son pays en 2011 où il est décédé en 2017.

Le ministre de la justice US, William Barr, a affirmé que les États-Unis ne reconnaissaient pas Maduro (comme Noriega à l’époque) comme “président” d’un quelconque pays.

Un geste supplémentaire vient d’être franchi vers une intervention militaire. Cependant, cette dernière ne peut avoir lieu maintenant puis l’armée américaine a reçu pour instruction de cesser toutes manœuvre durant 60 jours en raison de la crise du coronavirus.

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Alain RODIER

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