Londres envisage d’établir de nouveau des bases militaires dans les Caraïbes et en Asie du sud-est.

Après avoir inauguré, en avril 2018, une base à Bahreïn, le Royaume-Uni envisage d’établir au moins deux nouvelles bases militaires outre-mer, à en croire les déclarations du ministre de la Défense Gavin Williamson dans les colonnes du Sunday Telegraph.

Traduisant un retour concret sur la scène internationale, qui accompagne son éloignement avec l’Union européenne suite au Brexit, la Grande-Bretagne rompt ainsi avec la politique définie dans les années 1960, lorsque Londres avait rapatrié ses troupes d’Asie à la suite de l’East of Suez Strategy. Depuis lors, la présence militaire britannique à l’étranger et dans ses territoires d’outre-mer se limitait, notamment, à l’Allemagne, à Chypre, à Brunei et aux îles Malouines. Plus récemment, la Royal Navy a inauguré une base à Bahreïn ; une première depuis la stratégie dite « à l’est de Suez ».

Selon plusieurs sources, les lieux envisagés dans les Caraïbes pour l’implantation d’une nouvelle base militaire seraient le Guyana (anciennement Guyane britannique) ou Montserrat (petite île des Antilles de 102 km2, territoire britannique d’outre-mer et membre de l’Organisation des États de la Caraïbe orientale, située à 55 km au nord-ouest de la Guadeloupe). Concernant l’Asie, ces mêmes sources indiquent Singapour ou le sultanat de Brunei ; deux États ayant appartenu à l’Empire britannique (le premier était une colonie et le second un protectorat). À Singapour, au centre d’un détroit stratégique, Londres possède déjà une structure militaire, la British Defence Singapore Support Unit, ou Naval Party 1022, en charge des réparations et entretiens de ses navires et parfois de ceux de ses alliés. Quant à Brunei, riche en pétrole et qui pourrait être une réponse au rapprochement chinois, ce sultanat accueille déjà la British Army Jungle Warfare Training School et un bataillon d’infanterie des Royal Gurkha Rifles, le 2 RGR, dans le cadre de la British Military Garrison Brunei ; cela, depuis l’indépendance en 1984.

À souligner que, contrairement à Singapour, Brunei a un contentieux territorial avec la Chine sur certaines des îles Spratleys. Reste à savoir si Londres aura les moyens nécessaires pour concrétiser ses nouvelles ambitions.

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Jean-Pierre Husson

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