En janvier 2020, une frappe américaine a tué le commandant de la Force Al-Qods du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI), Qassem Soleimani, à l'aéroport international de Bagdad. Cette opération avait été commanditée par le président américain Donald Trump au cours de son premier mandat.

Cela avait été considéré comme le premier acte hostile des États-Unis contre une personnalité de haut niveau iranienne. De surcroît, cela a démontré que Trump n’avait aucune intention de négocier avec Téhéran, car ce général, qui était facilement joignable (il y a des mois qu’il ne se cachait plus), était l’interlocuteur idéal, étant proche du Guide suprême de la Révolution, Ali Khamenei. D’ailleurs, même les Israéliens — pourtant globalement vindicatifs — n’avaient pas lancé d’opération « homo » contre lui.

Les responsables iraniens avaient à l’époque promis de venger sa mort et renouvelé leurs engagements à maintes reprises depuis.

Le deuxième élément déclencheur, plus récent, est la mort de l’ayatollah Ali Khamenei et d’une partie de sa famille ainsi que de nombreux responsables religieux et militaires iraniens lors des frappes américano-israéliennes du 28 février. Si l’objectif de décapiter le régime a bien été atteint, le second, qui était de provoquer sa chute, a été un échec retentissant, les responsables disparus ayant tous été remplacés, souvent par « plus durs qu’eux ». (1)

Maintenant, c’est Trump et sa famille proche qui sont désignés comme cible par Téhéran.

Les médias d’État iraniens ont ainsi diffusé à la mi-août une vidéo affirmant suivre les déplacements de Barron Trump, le fils de 20 ans de Donald Trump, et prétendu qu’une prime de dix millions de dollars aurait été placée sur sa tête.

Des médias proches du CGRI ont publié des images diffusées sur la chaîne 3 de la télévision d’État iranienne. Leurs titres étaient : « Où et comment faut-il tuer Barron Trump ? »

La vidéo générée par l’IA affirme montrer l’emplacement de son université, ses véhicules d’escorte et la disposition de l’équipe de protection du Secret Service assurant que ses déplacements ont été « pleinement surveillés ». L’existence de cette prime n’a pas pu être vérifiée de manière indépendante au moment de la publication.

La vidéo avance en outre qu’« une fille » aurait trouvé un moyen de contourner la protection du Secret Service, se serait assise avec Barron Trump lors d’une rencontre privée et aurait transmis des informations aux auteurs du programme.

Elle affirme que Barron Trump communique en privé par voix et texte sur Xbox en s’affranchissant de son dispositif de sécurité.

Cette diffusion fait suite à la publication d’une vidéo similaire en juillet par l’agence Tasnim, qui est proche des Gardiens de la révolution, et qui s’intitule « Où et comment Melania Trump est-elle accessible ? » Elle détaillait déjà ses déplacements à New York et évoquait des failles dans son dispositif de sécurité.

Fin mai, le New York Post rapportait l’existence d’un projet visant à attaquer Ivanka Trump.

Selon le général de corps d’armée (2S) Michel Yakovleff, qui intervient régulièrement à la télévision : « La famille de Khamenei a été dessoudée à gauche, à droite, en dessous, au-dessus. Les cousins, les nièces, tout le monde y sont passés, si j’ose dire. Et Trump s’en est vanté. Trump a été obscène, il a été indécent dans sa façon de parler de la famille de Khamenei. À titre personnel, je n’avais pas une grande affection pour la famille de Khamenei, mais ça ne se fait pas, cette obscénité vis-à-vis de la famille. Donc, les Iraniens lui réservent une dose de leur propre médecine. Moi, je vois ça comme ça. C’est nul, c’est bas, c’est indécent, c’est immoral, et stratégiquement, c’est débile… Mais, j’insiste là-dessus, c’est Trump qui a commencé. »

On ne revient pas sur les multiples menaces qui pèsent sur Donald Trump, mais il est à noter qu’après le sommet de l’OTAN en Turquie, début juillet 2026, il avait été obligé de quitter le pays en catimini (2).

Les médias d’État iraniens avaient également diffusé des menaces directes visant le président lui-même. En juillet, un panneau publicitaire sur la place de la Révolution islamique, à Téhéran, montrait Trump, apparemment mort dans un cercueil, avec l’inscription en anglais « We will kill Trump » (Nous tuerons Trump).

Une autre vidéo diffusée plus tôt prétendait retracer l’itinéraire du cortège présidentiel entre les aéroports et ses résidences en Floride et à New York. Le Secret Service américain a confirmé qu’il examinait ces images.

Certains membres de médias publics iraniens ont présenté les menaces personnelles contre Trump explicitement à travers le concept juridique islamique de « qêsas » (ou quizas, la loi du talion « œil pour œil, dent pour dent ») faisant valoir que le meurtre du dirigeant de la République islamique crée l’obligation de tuer la personne jugée responsable : Trump.

Le 20 janvier, Trump a mis en garde contre toute tentative de meurtre à son endroit, en menaçant de riposter avec une réponse impitoyable des États-Unis, qui « effacerait la République islamique de la surface de la Terre ». Il faut noter que, s’il meurt, la responsabilité de la suite dépendra constitutionnellement du vice-président, James David Vance. Qu’il y ait ou non des instructions de son prédécesseur, c’est lui qui choisira.

Il n’empêche que le Secret Service n’a peut-être jamais eu autant de travail. La personnalité même de Trump étant clivante, il est parvenu à se faire détester par presque toute la planète. Cela ne peut qu’encourager tous les malades mentaux qui veulent faire la une des médias (qui n’attendent que ça) mais aussi de nombreux criminels des cartels latino-américains auxquels Trump a déclaré une guerre sans merci et enfin les services spéciaux de certains pays, dont l’Iran. Mais dans ce domaine, les Iraniens ne semblent pas actuellement très performants et se contentent de sous-traiter leurs opérations à des organisations criminelles, ce qui est d’expérience un pis-aller généralement catastrophique.

Néanmoins, les Iraniens ont la haine tenace et, si Trump risque bien de s’éteindre dans son lit, c’est plus inquiétant pour ses proches — plus jeunes — qui, eux, auront « oublié » cet épisode dans quelques années, mais pas les « fous de Dieu » ou leurs descendants.