Le chef des Gardiens de la Révolution iranienne, le major-général Hossein Salami a officiellement visité vendredi 8 janvier 2021 un dépôt secret pour armes mer-sol en dotation dans la composante navale des pasdarans. Il reste « secret » puisque sa localisation n’a pas été donnée.
Le contre-amiral Ali Reza Tangsiri, le commandant de cette branche des pasdarans a participé à cette opération de propagande. Il avait déjà été question en 2020 de la construction de véritables « villes de missiles » le long des côtes ouest et sud de l’Iran.

Il semble que dans cette période de grande tension provoquée par le président Donald Trump, les autorités iraniennes aient voulu prouver par l’image la réalité de cette déclaration. Mais, le temps étant trop court pour le président américain descendant pour déclencher une frappe (et les Iraniens le savent pertinemment), cela peut aussi être assimilé à un « avertissement » en direction de l’administration démocrate qui va se mettre en place à la Maison-Blanche. En effet, contrairement à ce qui est affirmé par nombre d’observateurs, les démocrates sont de véritables « va-t’en guerre » en raison de leurs liens avec les complexes militaro-industriels et du renseignement, et plus encore, par leur volonté d’imposer au monde les bienfaits de la civilisation américaine…

A propos des armements présentés, le général Salami a affirmé que « ces missiles avaient des portées de centaines de kilomètres, une précision absolue, un énorme pouvoir de destruction et pouvaient s’affranchir des contre-mesures électroniques de l’ennemi ». Il a laissé entendre qu’il existait d’autres bases du même type. Le pire, c’est que pour une fois, ce n’est pas entièrement faux (les Iraniens ont l’habitude d’intoxiquer le public avec des « armes révolutionnaires » qui sont en carton-pâte).

L’objectif tactique de Téhéran étant de bloquer le Détroit d’Ormuz en cas de crise ouverte, il était déjà connu que l’Iran avait truffé ses côtes – et ses îles – de batteries de missiles sol-mer qui pouvaient, soit tirer directement depuis des silos enterrés, soit, le plus souvent, mettre en oeuvre des batteries mobiles qui ne quittaient leurs bunkers que pour procéder à un lancement. Il y aurait même plus d’abris que de batteries de manière que l’adversaire ne sache pas si ces derniers sont armés ou non. Cela complique considérablement la tâche des stratèges chargés de planifier la réalisation d’une frappe préventive tant il y a d’objectifs à traiter, d’autant que les munitions à employer doivent être efficaces contre ces fortifications (du type « bunker buster »). De plus, bien que les pasdarans restent muets sur le sujet, il est évident que la côte doit aussi être parsemée de batteries sol-air qui compliquent encore la situation.

Quant au film de propagande dont il est question dans cet article, il présente de longs tunnels enterrés qui peuvent abriter des dizaines de Tracteurs érecteurs-lanceurs (TEL) et des camions ravitailleurs. À noter que les TEL pour les missiles Noor, Qader et Nasir peuvent être camouflés en véhicules civils. De nombreux missiles sont aussi stockés dans leurs containers à même le sol.

Une présentation du même genre avait déjà eu lieu en 2015, les pasdarans dévoilant alors des tunnels (qui semblent plus vastes que ceux vus cette fois-ci ; l’auteur s’est demandé si c’étaient les mêmes, propagande oblige mais il ne semble pas) abritant des missiles balistiques sur leurs porteurs. Il avait été démontré à cette occasion que l’Iran avait aussi des missiles prêts au tir installés dans des silos.

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Alain Rodier

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