Le président de la commission des Affaires étrangères, de la Défense et des Forces armées, Cédric Perrin, a exigé plus de « cohérence » de la part du gouvernement, tout en revendiquant la sienne. C’était à l’ouverture du débat budgétaire sur la mise à jour de la Loi de programmation militaire, à la fin du mois de mai. L’élu du Territoire de Belfort veut tirer les leçons de l’Ukraine, de la crise iranienne en cours, mais aussi de la Revue nationale stratégique, et des déclarations successives du président et de l’actuel Premier ministre, évoquant un « poids de forme » à 90-100 milliards d’euros pour le budget de la Défense. « Pour respecter cet objectif, pour être respecté, il faut être craint, il faut être puissant, donc gagner en capacité », a énoncé Cédric Perrin en paraphrasant le président de la République. Ce dernier avait annoncé 20 à 30 Rafale en plus pour l’armée de l’Air ainsi que des frégates. Or, l’actualisation a renoncé à augmenter le nombre de plateformes, se concentrant sur les drones, les munitions téléopérées, et plus largement les munitions (8,5 milliards d’euros des 36 MdEUR d’augmentation).

Cédric Perrin propose d’ajouter 14 MdEUR à l’actualisation prévue, afin, justement, de payer plus de Rafale (20 pour l’armée de l’Air et de l’Espace, 10 pour la Marine), et trois frégates. Il veut aussi arriver « in fine en 2030 à 83,9 MdEUR, là où le ministère propose 67,3 MdEUR ». Loin de l’Allemagne (160 MdEUR) !

Il veut aussi « améliorer la cible du successeur des LRU. Le Minarm propose entre 13 et 26, nous la portons à 26 au minimum, avec un objectif à 52 ». De quoi alimenter notamment un deuxième régiment d’artillerie, également demandé par l’armée de Terre.

Le Sénat propose aussi une amélioration dans le catalogue de missiles aérobalistiques, avec une arme portant à 1 000 km, là où le « gouvernement se contentait de missiles balistiques tactiques à 2 500 km ». Cette arme nouvelle serait « utilisable par les trois armes ». Pour le président de la commission, il y a aussi un sujet à traiter sur les drones navals et furtifs.

« En ce qui concerne les trois frégates, elles ne seront pas livrées avant 2035, mais si on attend 2030 pour les commander… Demain, ce n’est pas dans dix ans ; demain, c’est demain ! », a martelé l’élu. Il veut aussi déléguer 150 millions d’euros (MEUR) au chef d’état-major des armées à ventiler entre ses trois armées pour faire des acquisitions rapides sur étagères. Jusqu’à présent, l’armée de Terre disposait de 20 MEUR, l’armée de l’Air 0, et la Marine avait 5 MEUR.