Washington fait pression sur Bagdad pour dissoudre les unités de mobilisation populaire (UMP), très majoritairement chiites.

Washington a affirmé, fin juin, que l’attaque du 14 mai dernier par des drones de deux stations de pompage du pipeline saoudien est-ouest menant d’Abqaiq à Yanbu n’avait pas été lancée du Yémen, comme l’avaient proclamé les rebelles houthis, mais du sud de l’Irak. Ainsi, Bagdad, sermonné par les États-Unis et par le prince Mohammed ben Salmane, a décidé de faire fermer les bureaux des Unités de mobilisation populaire (Hachd al-Chaabi).

Cette coalition de milices très majoritairement chiites avait été créée en 2014 à l’appel du grand ayatollah Ali al-Sistani, la plus haute autorité religieuse chiite en Irak. Cette « levée en masse » répondait à l’offensive de Daech devant laquelle l’armée régulière irakienne s’était littéralement effondrée. Ce sont d’ailleurs grâce à ces milices que la capitale n’était pas tombée dans les mains des salafistes-djihadistes.

Mais depuis la montée des tensions entre les États-Unis, l’Arabie Saoudite, d’un côté, et l’Iran de l’autre, les UMP se montraient très menaçantes, du moins dans les déclarations de certains de leurs responsables.

Dans les faits, les choses ne devraient pas vraiment changer, les différentes milices des UMP devant être intégrées dans l’armée régulière irakienne en brigades indépendantes.

Cette affaire lève le voile sur la portée des drones mis en œuvre par les houthis. En effet, les observateurs avaient été étonnés du fait que les rebelles aient pu atteindre des cibles situées au milieu du royaume. C’est aussi vrai depuis l’Irak, mais là, des « conseillers » iraniens sont vraisemblablement sur place.

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Alain Rodier

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