Après des années de calme relatif sous l'égide d'une trêve fragile, la guerre au Yémen a basculé dans une nouvelle phase d'escalade majeure, marquée par une offensive éclair des rebelles houthis pro-iraniens et la reprise de frappes directes contre l'Arabie saoudite.
Début septembre, les rebelles houthis ont pris le contrôle total du littoral yéménite bordant la mer Rouge, y compris la ville portuaire hautement stratégique de Mokha ainsi que les îles Hanish et l’île de Périm/Mayun. Cette progression leur permet de verrouiller directement le détroit de Bab el-Mandeb, l’un des corridors maritimes les plus vitaux au monde pour le commerce et le transport des hydrocarbures. L’impact économique ne s’est pas fait attendre : couplé aux tensions dans le détroit d’Ormuz, ce blocage a propulsé le prix du pétrole au-dessus des 100 dollars le baril. Le point culminant de l’offensive des combattants houthis s’est joué sur l’eau, avec un assaut à bord d’embarcations rapides pour atteindre l’île de Périm/Mayun. Celle-ci occupe une position hautement stratégique, car elle est située au cœur même du détroit de Bab el-Mandeb, qu’elle sépare en deux canaux de navigation. En s’emparant de cette île après le départ des troupes gouvernementales, les Houthis ont achevé de verrouiller physiquement le détroit, s’octroyant un contrôle direct sur le trafic maritime. De la même manière, ils ont mis la main sur les îles Hanish, situées un peu plus au nord. En réaction à la perte de ces territoires, la coalition menée par l’Arabie saoudite et les forces gouvernementales yéménites ont lancé de multiples raids aériens pour tenter de freiner l’approvisionnement des forces rebelles. À ces attaques, les Houthis ont répondu par une frappe d’envergure de missiles et de drones contre la base militaire de Sharurah, dans le sud de l’Arabie saoudite, ciblant des centres de commandement et des dépôts d’armes.
