L'actualité de la guérilla en Colombie a connu un tournant décisif depuis l'élection en août dernier du président de droite Abelardo de la Espriella, qui a officiellement mis fin à la politique de « paix totale » de son prédécesseur Gustavo Petro.

Le nouveau président colombien a fermé la dernière table de négociation avec les groupes armés et leur a retiré leur statut politique, affirmant qu’il combattrait le « terrorisme par tous les moyens ». Le 2 septembre, son service de presse a choqué une partie de l’opinion en diffusant une vidéo tournée après une opération militaire conduite fin août dans le département méridional du Guaviare. On y voit le chef de l’État déambuler au milieu de 23 sacs mortuaires contenant les dépouilles de combattants rebelles. « J’ai promis de combattre le terrorisme sans états d’âme et je tiens ma promesse », a-t-il écrit ensuite sur X. Depuis sa prise de fonction, au moins trois opérations d’envergure ont été menées contre les groupes armés dissidents, faisant des dizaines de morts. Cette nouvelle politique, qui laisse dans le flou juridique près de 100 guérilleros qui venaient tout juste de rendre les armes, rompt avec la stratégie — peu efficace — de paix totale de son prédécesseur, Gustavo Petro. Elle risque non seulement de replonger le pays dans une violence endémique, mais aussi de voir, comme par le passé, les « faux positifs » — c’est-à-dire ces civils tués, puis faussement accusés d’appartenir aux guérillas — se multiplier. Entre-temps, l’armée colombienne a mené plusieurs frappes aériennes contre les rebelles de l’Estado Mayor Central (EMC), la principale dissidence des Fuerzas Armadas Revolucionarias de Colombia (FARC) dirigée par Iván Mordisco. De son côté, l’Ejército de Liberación Nacional (ELN) a mené une attaque contre l’armée colombienne en larguant des explosifs par drones sur un complexe militaire à Ocaña, tuant au moins trois militaires et en blessant quatre autres.