Depuis son arrivée au Pentagone, le 25 janvier 2025, Pete Hegseth multiplie limogeages et blocages de promotions ; les femmes et officiers issus des minorités apparaissant les plus particulièrement touchés.
Engagé dès son arrivée à la tête du Pentagone dans une profonde transformation de la hiérarchie militaire américaine, le secrétaire à la Défense affirme vouloir rétablir une promotion fondée exclusivement sur le mérite et les capacités opérationnelles. Mais plusieurs enquêtes montrent que ses interventions ont particulièrement affecté des femmes. Selon une analyse du New York Times parue en août dernier, seules huit femmes figuraient parmi les 201 candidats proposés cette année pour occuper des postes militaires de haut rang. C’est à peine 4 % des nominations, moins de la moitié de la proportion moyenne enregistrée au cours des dix années précédentes. Le quotidien américain souligne qu’un nombre limité de nominations suffit à faire varier le taux d’une année sur l’autre, mais la proportion observée en 2026 reste la plus basse depuis au moins un quart de siècle. Ce recul tranche, cependant, avec la situation aux grades inférieurs. Parmi les milliers de promotions concernant notamment les officiers subalternes, la part des femmes atteint environ 23 %. Leur présence dans l’armée américaine continue donc de progresser, tandis que l’accès aux plus hauts échelons se resserre fortement. L’enquête du New York Times attribue cette évolution aux décisions personnelles de Pete Hegseth : au moins une quarantaine de promotions à des grades élevés auraient été empêchées d’arriver jusqu’au Sénat, qui doit confirmer de nombreuses nominations. Environ la moitié des officiers concernés seraient des femmes ou des membres de minorités.
