Le 13 avril, le « Hyperion Bay », un navire marchand israélien battant pavillon panaméen et transportant des voitures aurait été attaqué au large des côtes des Émirats arabes unis (EAU) à proximité du port de Fujairah (Koweït) dans les eaux du Golfe persique.

Selon les medias israéliens, il aurait été touché par une roquette (ils parlent également de « missile ») qui aurait explosé mais n’aurait pas causé d’importantes avaries et n’aurait fait aucune victime. L’incident est survenu le lendemain du sabotage du complexe nucléaire de Natanz attribué au Mossad (voir mon article en date du 14 avril) et serait considéré comme une « réplique de Téhéran » en plus de la décision annoncée la veille de porter l’enrichissement de uranium à 60%. Mais des doutes persistant quant à la réalité de cette attaque l’armateur assurant que rien de tel avait eu lieu et que son navire poursuivait sa route à vitesse normale..

Le 25 février, c’est un navire semblable appartenant à la même compagnie, le MV Helios Ray, qui lui avait bien été attaqué au nord-ouest d’Oman dans la Mer d’Arabie. Des mines ventouse de type limpet auraient été employées et les photos des dégâts avaient été publiées. Mais là non plus, il n’y avait pas eu de victime humaine.
Puis, cela avait été le tour le 25 mars 2021 du porte-containers israélien Lori de la société XT Shipping battant pavillon libérien d’être attaqué en Mer d’Arabie alors qu’il naviguait de Dar Es Salaam en Tanzania vers Mundra dans le Gujarat en Inde. Là aussi, il avait été question de « roquette » sans qu’aucune preuve ne soit publiée.

Pollution volontaire des plages israéliennes en février 2021 ?
Le pétrolier qui a causé une importante pollution de 130 kilomètres de côtes israéliennes en février 2021 aurait été identifié par les autorités israéliennes après deux semaines d’enquête. La tache n’était pas aidée car pas moins de dix navires étaient suspects. Les enquêteurs on déterminé que l’Emerald LTD battant pavillon panaméen serait le coupable de ce qu’elles appellent un « attentat environnemental » soutenant que le déversement d’hydrocarbures en mer à une cinquantaine de kilomètres des côtes israéliennes a été volontaire. Ce pétrolier aurait appartenu à une société libyenne avant d’être cédé à une autre basée sur Îles Marshall. Au moment de l’incident, il aurait transporté 112.000 tonnes de brut depuis l’Iran vers la Syrie. De plus, ce navire serait assuré par « The Islamic P&I Club » à Dubaï, société connue par la Lloyd pour être la seule à accepter à assurer les navires iraniens.

Parti du terminal iranien de Kharg (situé dans le Golfe persique) le 17 janvier 2021, il a ensuite rejoint le canal de Suez. Il serait entré dans les eaux israéliennes le 2 février où il été de nouveau repéré le 5 février (il arrêtait régulièrement son transpondeur). La pollution a commencé à toucher les côtes israéliennes le 17 février.
Cela dit, il aurait transbordé en mer du pétrole sur des autres bateaux au moins à deux reprises, ne touchant jamais les côtes syriennes. Ce procédé est un classique pour livrer clandestinement du pétrole. Il semble étonnant que cette mission de livraison clandestine de pétrole à la Syrie ait été couplée à une action volontaire de pollution préparée à l’avance. C’est peut-être aussi un accident ou initiative du capitaine…

Ce qui est certain, c’est que depuis deux ans, l’Iran et Israël se livrent à une guerre maritime de basse intensité au Proche-Orient. Les deux parties prennent garde de ne pas couler un navire adverse (les Iraniens visant un peu toutes les nationalités, mais faisant effort dernièrement sur des navires israéliens) ni de faire de victime tout en ne revendiquant pas leurs actions. D’ailleurs, peu de publicité est faite, même par les victimes. Pour chaque camp, il semble que l’important est de « marquer sa détermination » mais sans franchir une ligne rouge qui permettrait à l’adversaire de passer à une guerre maritime plus ouverte à l’aide de missiles, de sous-marins, etc…

PS : l’auteur publiera un article développé sur ce sujet dans un prochain magazine RAIDS.

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Texte

Alain Rodier

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