Le Groupe de Soutien à l’Islam et aux Musulmans (GSIM) a revendiqué l’action qui a fait 25 victimes dans la ville de Bamba dans la province de Gao au Mali (au nord du pays) le 6 avril. Des témoins ont affirmé que des motards avaient été repérés les jours précédents dans la région. Selon les jihadistes, après un tir de préparation au mortier, ils ont pénétré dans la localité par deux côtés. Ils auraient capturé des véhicules et de nombreuses armes et munitions. Ils ont profité de ce communiqué pour qualifier le coronavirus de « soldat de Dieu » et ont appelé le France et le Mali à se « repentir » et à retirer leurs troupes de la région.
Le GSIM en a profité pour également revendiquer l’attaque du 9 avril de la base militaire burkinabé à Sollé dans la province du Lorum (au nord du Burkina Faso). Selon les rapports officiels, cinq militaires ont été tués et quatre autres sont portés disparus. Par contre, le GSIM s’est gardé de revendiquer la frappe du lendemain dans la même région qui a fait quatorze victimes civiles. En effet, ce mouvement tente de gagner un soutien populaire en se présentant comme le défenseur des communautés locales. Cette revendication survient quelques semaines après l’assaut le 19 mars sur la base de Tarkint au nord de Gao qui avait fait 29 victimes parmi les forces de sécurité maliennes.

Daech via sa wilayat pour l’Afrique de l’Ouest (aussi appelé État Islamique pour l’Afrique de l’Ouest) a reconnu via son agence Al Naba les attaques du 2 avril d’Abala (quatre militaires tués, dix-neuf autres blessés) et du 5 avril de Bani Bangou (deux gendarmes tués) dans la région nigériane de Tillabéri. Daech a joint à sa revendication la vidéo d’une attaque d’un poste de police le 29 février dans la ville de Sebba (au nord-est du Burkina Faso) qui a causé la mort d’au moins dix membres des forces de l’ordre.

Point négatif pour les jihadistes, des affrontements entre des groupes appartenant à ces deux entités se seraient déroulés récemment au sud du Mali et au nord du Burkina Faso. S’il y avait déjà bien eu des incidents de ce type au centre du Mali en 2019, les deux groupes semblaient respecter une sorte de gentlemen agreement. de non agression mutuelle. Mais des tensions intérieures sont survenus, en particulier au sein de la katibat Macina (membre du GSIM) lorsque certains activistes ont voulu rejoindre Daech. Il semble que des membres du GSIM actifs dans la région malienne de Nampala proche de la Mauritanie se sont aussi rangés sous la bannière de Daech. Enfin, les timides velléités de négociations d’Iyad Ag Ghali, l’émir du GSIM, avec le pouvoir malien, poussent en effet un certain nombre d’activistes à rejoindre Daech qui n’envisage de son côté aucunes concessions.

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Alain RODIER

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