En juin dernier, le Kurdistan irakien a été le théâtre d’une nouvelle escalade de violence entre l’armée turque et les combattants kurdes.

Les séparatistes kurdes des Hêzên Parastina Gel (HPG) – les Forces de défense du Peuple, bras armé du Partiya Karkerên Kurdistan (PKK), le Parti des travailleurs du Kurdistan – retranchés sur le mont Khakurk, au Kurdistan irakien, ont essuyé pendant plusieurs jours des attaques répétées des forces turques. Si les positions des HGP en Irak sont presque chaque semaine la cible de bombardements de l’aviation turque, l’opération militaire lancée par Ankara, début juin, pourrait être la plus importante depuis plus d’un an.

Baptisée opération Griffes par Ankara, l’incursion de l’armée turque sur le mont Khakurk, contrôlé par les HPG, aurait fait au moins une centaine de morts parmi les séparatistes kurdes, selon le ministère turc de la Défense. Appuyées par des chasseurs-bombardiers, des hélicoptères de combat, de l’artillerie lourde et des parachutages de commandos sur les points-clés, les troupes turques déployées dans les montagnes du nord de l’Irak traquent sans relâche les séparatistes kurdes qui, selon Ankara, seraient au moins 2 200 à opérer depuis le territoire irakien.
De son côté, le PKK a annoncé avoir tué une douzaine de soldats turcs. Selon le commandement des HPG, l’attaque sur Khakurk serait une tentative d’occupation de la part d’Ankara. Murat Karayilan membre du comité exécutif du PKK et commandant des HPG, a déclaré, par ailleurs, que les opérations militaires turques se mèneraient avec le soutien de l’OTAN et plus particulièrement des États-Unis. Les combats qui se déroulent sur le territoire irakien ont lieu sans que le gouvernement de Bagdad ait pour l’instant réellement haussé le ton contre Recep Tayyip Erdogan. Et pour cause, le président turc a récemment promis d’investir massivement dans la reconstruction de l’Irak.

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Jean-Pierre Husson

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