Malgré une forte hausse du budget alloué à la défense, l’armée australienne peine à trouver de nouveaux volontaires.

Le Livre blanc de l’Australie sur la défense publié en 2016 prévoyait une hausse significative des dépenses militaires afin de financer un vaste programme visant à moderniser les capacités de l’Australian Defence Force (ADF), ainsi qu’une augmentation de ses effectifs. Selon Canberra, cet effort se justifiait – et se justifie toujours – en raison d’un contexte stratégique régional de plus en plus incertain, marqué par l’affirmation de la puissance militaire chinoise et la remise en cause, par Pékin, des règles internationales, en particulier en mer de Chine méridionale. Ainsi, il était prévu de faire passer le budget militaire de 21 à plus de 58 milliards de dollars australiens en 2025-2026, avec un palier à 42,3 milliards en 2020-2021. D’après bon nombre d’experts, dont ceux de l’Australian Strategic Policy Institute (ASPI), la politique budgétaire menée par le gouvernement australien depuis 2016 devrait permettre d’atteindre ou du moins d’approcher cet objectif.

Cela étant, aujourd’hui, l’ADF a un problème urgent à régler : celui de ses effectifs. Le Livre blanc prévoyait de les porter de 58 000 à 62 400 hommes et femmes, ce qui représentait une augmentation de 8 %, pour couvrir les besoins de l’ADF. Or, sur les 1 730 recrues supplémentaires espérées entre 2016 et 2018, seulement 600 volontaires ont été au rendez-vous. Ce problème de ressources humaines semble affecter particulièrement la Royal Australian Navy (RAN), qui peine plus que les autres forces armées à trouver de nouvelles recrues. Un rapport de l’ASPI cite l’exemple de la frégate Perth, qui,
faute d’équipage, risque de rester à quai pendant deux ans après sa dernière mise à niveau.

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Jean-Pierre Husson

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