La France tient une posture relativement ambivalente en Libye, avec un support aux gardes-côtes du gouvernement reconnu par la communauté internationale, qui doivent recevoir d’ici la fin de l’année six semi-rigides Sillinger, afin de pouvoir mieux contenir les départs de migrants vers l’Europe. Les embarcations devaient être livrées en trois lots de deux. La France a également assuré la formation de 1 500 militaires libyens. Mais, et ce n’est pas le moindre des paradoxes, ces mêmes militaires réguliers sont actuellement opposés aux troupes du maréchal Haftar, qui a le soutien historique de Paris. Des vols ISR (intelligence, surveillance, reconnaissance) réguliers sont réalisés par la France, par des Rafale soutenus par des tankers, voire par un prestataire privé. Toutes ces informations figurent en source ouverte.

Le 24 avril par exemple, un C-135FR (n° 474) des forces aériennes stratégiques plongeait vers Tripoli. Le 17 avril, deux avions français évoluaient au large de la Libye, un tanker C-135FR et un AWACS (n° 202), également accompagné d’un AWACS de l’OTAN. La présence de tankers peut attester celle, probable, de chasseurs. Le même jour (ainsi que le 19 et le 22 avril) était également repéré un Merlin IV (N919CK), un appareil mis en œuvre par CAE Aviation. Cet appareil est rigoureusement similaire à celui que la DGSE a perdu à Malte (N517MX) le 26 octobre 2016.

Le 15 avril, ce même appareil a décollé de Sicile, a évolué entre Misrata et Tripoli, puis vers la frontière tunisienne, autour de la localité libyenne d’Abu Kammash. Le 13 avril, deux avions avaient aussi été mis en l’air, l’AWACS n° 202 et le Falcon 50 Surmar de la Marine n° 7. De son côté, dès le 9 avril, un avion d’écoute Gabriel (n° R218) allait traîner une oreille du côté de Tripoli.

La France a choisi d’évacuer ses diplomates de Libye à la mi-avril, par le GIGN, par voie terrestre, et peut-être maritime, en direction de la Tunisie. Le GIGN avait déjà évacué la diplomatie française à l’été 2014, lors d’une précédente poussée de fièvre libyenne, et avait même réinstallé l’ambassade, à l’été 2011 !

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Jean-Marc Tanguy

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