Après un assez mauvais exemple avec Volontaire (une jeune femme souhaitant intégrer les commandos marine), le ministère des Armées poursuit sa politique de développement cinématographique et télévisuel pour augmenter sa visibilité. Il a une nouvelle fois facilité une émission du service public le 25 décembre, présentée par Michel Drucker sur France 2, hébergeant au passage, ce qui n’avait jamais été le cas, une intervention du président de la République lors de sa visite à N’Djamena (l’émission était tournée en faux direct début décembre à Abidjan en Côte d’Ivoire, dans le camp du 43e BIMa).

Prochains films : Le Chant du loup, d’Antonin Baudry, qui sortira le 20 février, et J’accuse, de Roman Polanski, prévu le 4 décembre 2019. D’autres films pourraient sortir, mais le ministère est lié par des accords de confidentialité. Le Chant du loup a fait l’objet assez tôt d’un « buzz » parce qu’il met en scène l’acteur Omar Sy. La bande-annonce restitue l’immersion dans la sous-marinade (le cœur du film), mais aussi dans la Marine entière, avec hélicoptères et nageurs de combat. C’est manifestement un effet majeur qui est attendu en matière de visibilité et de recrutement – lequel, on le sait, devient difficile sur le front des métiers embarqués, depuis plusieurs années.

A priori pas évoqué comme soutenu par le ministère des Armées, le film franco-belge L’Intervention relate, de façon assez éloignée des réalités, l’intervention du GIGN à Loyada. Ce film serait en fait le résultat d’un projet initié il y a quelques années entre Christian Prouteau (qui mena à l’époque ses hommes sur la prise d’otages à Djibouti) et le réalisateur du film, Fred Grivois. Le public jugera sur la durée du film (sortie le 30 janvier 2019), la bande-annonce contenant en tout cas beaucoup d’erreurs. 

« Des projets de séries télévisées d’envergure sont en cours d’écriture », ils devraient être diffusés en 2019, explique aussi le ministère des Armées à RAIDS. La même source dit « apporter son soutien en matière d’expertises, de conseils, d’aide à l’écriture et d’immersions de scénaristes au sein d’unités pour accéder aux réalités opérationnelles et mettre cette expérience au profit de leur travail d’écriture ». C’est notamment le cas pour Furtif, la nouvelle série d’Alex Berger, créateur du Bureau des légendes, qui s’impose comme la réussite de ces dernières années dans le domaine.

Cinq immersions de scénaristes ont déjà été réalisées en 2018 dans le domaine du renseignement militaire (un projet de série avait déjà été envisagé par le général Christophe Gomart en son temps), la jeunesse et l’engagement avec la DSNJ, la genèse de la dissuasion nucléaire (avec la direction des applications militaires du Commissariat à l’énergie atomique), la présentation dynamique des capacités de l’Armée de terre à Satory (que RAIDS a restituée dans ses pages) et les enjeux de la cyberdéfense (un domaine dans lequel le ministère recrute).

Cinq films sortis en 2018 ont reçu un appui spécifique de la part du ministère des Armées. Le plus visible est dans Mission Impossible 6 de Christopher Mcquarrie, avec l’apport d’un hélicoptère Caracal de l’escadron 1/67 « Pyrénées » et d’une équipe de CPA. Ce partenariat avait été noué grâce au colonel Olivier Celo, lui-même ancien pilote du « Pyrénées ». Volontaire d’Hélène Fillières a reçu un gros soutien en conseil à l’écriture, décors (École navale, école des fusiliers commandos) et matériels, mais le scénario n’est pas toujours réaliste (une jeune femme voulant intégrer les commandos marine) et le résultat n’est pas vraiment à la hauteur de l’investissement. Le téléfilm Péril sur la base, diffusé par France 3, a mis en lumière les gendarmes maritimes, là aussi avec un personnage principal féminin. La mission cinéma a également soutenu Maya et L’Empereur de Paris, tous deux sortis le 19 décembre dernier. 

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Jean-Marc TANGUY

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