L’Armée de terre devait acheter, fin 2018, des microdrones Black Hornet standard 3 et des minidrones NX70. Le premier comporte désormais deux drones jour et nuit, capables de naviguer en indoor. Conséquence de ce surcroît de performances, le poids est passé de 18 à 30 g. L’engin reste toujours capable de voler « en esclave » (en suivant le pilote), un « plus » obtenu dès le mode 2, qui était le premier acquis par l’Armée de terre et le COS. 25 systèmes de chaque modèle devaient être acquis.

Le COS devrait, quant à lui, retenir du Skylark 3 de 40 kg pour son programme MAME (medium altitude medium endurance), un engin capable de tenir l’air six heures à 100 km (la fiche demandait cinq heures à 50 km), soit peu ou prou ce qu’offrait le SDTI bien plus gros. Le Skylark permettrait, en outre, de procéder à des interceptions de GSM et des détections Wi-Fi, tout en étant capable de porter une charge explosive.

Le SMDR (système de minidrone de reconnaissance) de Thales étant en retard, l’Armée de terre se voit obligée de pousser à bout les DRAC (drones de reconnaissance au contact, en service depuis 2005) alors que les obsolescences de ces engins ne devaient pas être traitées.

Face aux limitations du futur MILAD (moyen interarmées de lutte antidrone), optimisé pour la défense d’une très grosse base (type base aérienne ou Gao), l’Armée de terre réfléchit à un système mobile qui pourrait disposer d’un petit radar, d’optronique et d’un effecteur type minigun M134, ce qui pourrait aussi permettre de l’utiliser en sol-sol. Vu les zones d’exposition aux attaques de minidrones – comme ce fut le cas en Irak, avec plusieurs dizaines d’attaques quotidiennes pendant le siège de Mossoul –, le glisser sur un véhicule blindé de type Aravis pourrait s’avérer utile.

L’acquisition de drones terrestres est aussi envisagée depuis plusieurs mois. 2 millions d’euros permettraient d’acquérir cinq mules (en moyenne, un robot coûte 150 000 euros, soit à peine moins qu’un PVP à 170 000), soit 4 millions pour 10, ce qui semble être le format de référence d’une première capacité. Le recours à des fonds issus du P144, donc dans la main du budget R&D de la Défense, semble plus prudent que sur le P146, qui nécessite une expression de besoin, un appel d’offres, et donc une très grosse perte de temps. Parmi les unités intéressées figure là aussi le COS, car une telle mule permet également d’évacuer un blessé sous le feu sans s’exposer. Un achat pourrait intervenir en avril 2019 pour attribution à un régiment en BSS à ce moment-là (a priori le 2e RIMa).

Six premiers VLFS sur les 30 prévus seront été livrés au COS à la fin du semestre. Le premier PLFS définitif a été, lui, transmis aux forces un peu plus tôt. Ces deux véhicules doivent être projetés au Sahel d’ici la fin du premier semestre, une fois que les équipages auront été formés, et les lots de projection livrés.

Des réflexions ont progressé pour placer au COS des Kit pour Griffon et Serval. Cela semble notamment évident pour les Griffon (utilisés aussi par les forces conventionnelles) pour placer du mortier de 80, voire de 120 mm.

L’Armée de terre va, en effet, acquérir 54 mortiers 2R2M de TDA en 120 mm pour intégration sur Griffon. Des interfaces pour M134 et radios PRC117 ont également été envisagées avec l’Armée de terre.

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Jean-Marc Tanguy

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