Alors que Séoul, Washington et Tokyo lançaient en septembre dernier des manœuvres militaires communes dans les eaux internationales au sud de la péninsule coréenne, Pyongyang a dévoilé le nouveau destroyer Kang Kon de 5 000 tonnes, capable de « frappes de représailles dévastatrices ».
Entouré par sa femme, Ri Sol-ju, et sa fille, Kim Ju-ae, désormais présente à la plupart des grandes cérémonies, Kim Jong-un a prononcé à l’occasion du lancement dans le port de Wonsan de ce nouveau bâtiment un discours-fleuve retransmis à la télévision d’État. « Ce que notre marine n’avait pas réussi à accomplir en près de 80 ans depuis sa création, la classe ouvrière, les scientifiques et les techniciens de notre génération l’ont réalisé aujourd’hui, grâce au soutien enthousiaste de l’ensemble du peuple », a lancé le leader nord-coréen. Le nouveau destroyer Kang Kon est le deuxième, après le Choe Hyon, mis en service par la Corée du Nord en moins de trois mois (le Choe Hyon est officiellement entré en service le 23 juin 2026). C’est une innovation majeure, selon Pyongyang, dont la flotte d’anciens navires et de sous-marins de l’époque soviétique est particulièrement vétuste, surtout face à la flotte sud-coréenne ou américaine.
« Le développement le plus important est celui que nos ennemis redoutent le plus : la concrétisation de l’armement nucléaire de notre marine, a poursuivi le leader de Pyongyang. Cette réalisation rend notre marine plus adaptée, plus diversifiée et plus efficace en matière de dissuasion ». Depuis plusieurs mois, Pyongyang affiche sa volonté de nucléariser sa marine pour contrecarrer les manœuvres de Washington et de Séoul au large de ses côtes. Équipé de missiles de croisière pouvant être armés de charges nucléaires, ce nouveau destroyer s’inscrit dans la volonté nord-coréenne de garantir une capacité de « seconde frappe ».
