Selon la BBC, les bombardiers B-1B Lancer de l'US Air Force qui avaient été déployés sur la base de la Royal Air Force de Fairford, au Royaume-Uni, dans le cadre de l'opération « Epic Fury », lancée le 28 février, sont rentrés chez eux aux États-Unis le 4 octobre. Ce départ précipité aurait été motivé par de nouvelles menaces iraniennes visant la base.

Ce retrait intervient une semaine après l’incident majeur du 27 septembre signalé près de Fairford, après que cinq camionnettes chargées de bidons d’essence et de jerricans vides ont été interceptées (1). Cinq suspects britanniques ont été appréhendés le jour même et un autre homme de 25 ans, possédant la double nationalité britannique et iranienne, a été arrêté le 1er octobre dans le quartier de Westminster, à Londres. Deux propriétés ont été perquisitionnées dans la capitale à cette occasion.

Mais comme aucun explosif ou arme n’a été découvert, ni dans les véhicules ni dans les appartements fouillés par les forces de l’ordre, les six suspects ont été libérés sous caution. Toutefois, la police antiterroriste poursuit son enquête tout en recherchant une éventuelle implication d’un État étranger. L’Iran a été désigné par certains responsables politiques, dont le Premier ministre britannique Andy Burnham, comme le commanditaire le plus probable d’une action terroriste via des intermédiaires membres du crime organisé. Il convient d’attendre les suites de l’enquête, mais il est possible que ces hommes se livrassent au vol de carburants dont la revente permet en ce moment de faire de juteux bénéfices. Ce ne serait alors plus qu’une affaire de droit commun.

Les frappes aériennes lancées depuis Fairford par des B-1 et des B-52 ont joué un rôle central dans les bombardements menés par les États-Unis contre l’Iran en février 2026.

De plus, cet aérodrome constitue un pôle majeur pour les avions militaires américains au Royaume-Uni accueillant régulièrement des moyens stratégiques, notamment des bombardiers et des avions-espions U-2. Cette base sert également d’escale pour d’autres appareils, dont des avions de chasse, lors de leurs transferts vers ou depuis les États-Unis.

Selon le New-York Times, les États-Unis ont retiré l’ensemble des 12 bombardiers B-1 « après que le commandement ait reçu de nouvelles menaces concernant un complot soutenu par l’Iran visant l’installation […] Ce retrait était tout à fait inhabituel : de tels mouvements sont rarement effectués aussi rapidement depuis une base aérienne alliée située dans un pays en temps de paix, à des milliers de kilomètres d’une zone de combat ». La nécessité de faire quitter la base de la RAF à Fairford aux bombardiers a été jugée si urgente que certains appareils et leurs équipages sont partis alors même que des avions de ravitaillement en vol étaient encore en train d’être préparés pour accompagner leur trajet vers les États-Unis.

Toujours selon la même source : « Un responsable américain a indiqué que ces nouvelles informations s’inscrivaient dans le prolongement des alertes à la menace apparues il y a trois semaines, mais que la précision des détails et le sentiment d’urgence s’étaient accrus au cours des dernières 24 heures, suscitant l’inquiétude du commandement. »

Le Corps des gardiens de la révolution islamique d’Iran (Pasdaran) a directement menacé via l’Agence gouvernementale Tasnim la base de la RAF de Fairford le 23 juillet, en raison de son utilisation comme point de départ pour des attaques contre l’Iran : « L’armée d’agression américaine, qui tirait auparavant des missiles de croisière depuis ses navires dans l’océan Indien lors de ses agressions suivant la reprise officielle des hostilités, est passée… — ses navires ayant épuisé leurs réserves de missiles — à l’utilisation d’avions B-1 décollant de la base aérienne de Fairford, en Angleterre […] Comme l’ont également déclaré les responsables du ministère des Affaires étrangères, toute base utilisée pour attaquer le territoire iranien constitue pour nous une cible légitime. »

Un responsable de la défense a affirmé que ces retraits n’affecteraient pas la capacité opérationnelle globale de l’USAF : « Les aviateurs qui mettent en œuvre la flotte de bombardiers américains — incluant les B-1, B-2 et B-52 — demeurent prêts à mener des frappes de précision à l’échelle mondiale, y compris lors d’opérations avec décollage et retour depuis le territoire continental des États-Unis, n’importe où et à tout moment. »

C’est la première fois depuis des mois que la base de RAF Fairford n’accueille plus de bombardiers américains.