Le vice-ministre polonais de la Défense, Paweł Zalewski, a affirmé, lors d'une récente réunion à Bruxelles, que la Pologne refusait d'accueillir des armes nucléaires sur son territoire, mais qu'elle souhaitait participer à la dissuasion nucléaire collective de l'OTAN.

En effet, Paweł Zalewski a redéfini la position de la Pologne sur la question en déclarant à ce propos : « Nous voulons participer à la dissuasion nucléaire de l’OTAN, ce qui ne signifie pas avoir une ogive nucléaire sur notre territoire. » Une déclaration qui marque un tournant dans la doctrine de défense polonaise, privilégiant la coopération collective à la présence physique d’armes nucléaires américaines sur son sol, comme le font en revanche plusieurs pays européens. Pour rappel, le partage nucléaire de l’OTAN repose sur le principe dit de la « double clef » : les quatre des cinq pays, comme l’Allemagne et l’Italie, abritant actuellement des B-61, sont chargés de fournir les chasseurs-bombardiers susceptibles de les mettre en œuvre, mais leur contrôle, c’est-dire leur code d’armement, relève exclusivement des États-Unis. La Pologne examine plusieurs options pour s’intégrer à la dissuasion nucléaire de l’Alliance, sans pour autant accueillir d’ogives nucléaires, envisageant une intégration renforcée dans les structures de commandement de l’OTAN, la formation de pilotes pour des avions à double capacité et une participation accrue aux exercices de planification nucléaire. Varsovie explore aussi une expansion du parapluie nucléaire américain en Europe centrale, avec des garanties formelles et des protocoles d’engagement accélérés. Ainsi, Washington pourrait s’engager à déployer rapidement des systèmes nucléaires tactiques en Pologne en cas de crise, sans stockage préalable. En attendant, Varsovie souhaiterait accroître la présence militaire américaine permanente sur son sol, le président Trump ayant déjà évoqué cette possibilité en mai dernier.