En mars dernier, près de 20 ans après avoir supprimé le service militaire obligatoire, le gouvernement croate a réintroduit la conscription obligatoire avec, depuis cette date, plusieurs centaines de conscrits déjà formés.
Si cette mesure peut impliquer à terme plusieurs classes d’âge, pour l’instant, seuls les garçons de 19 ans sont concernés, soit 5 000 conscrits par an. Dans trois ans, ils devraient être 18 000. Pour ne pas effrayer la jeunesse, le service sous les drapeaux se limite à une durée de deux mois, payé très correctement du reste : 1 100 euros par mois. Une prudence motivée par la faiblesse des infrastructures aujourd’hui disponibles en Croatie, et par la crainte d’une mobilisation des jeunes antimilitaristes. Dans les rangs du gouvernement croate, on justifie ce retour du service militaire obligatoire par « l’ultranationalisme des pays voisins », la Serbie et la Bosnie-Herzégovine, cela, trente ans après la guerre des Balkans. Depuis la fin mars dernier, environ 400 des premiers 800 conscrits croates ont été incorporés au sein de la 123e brigade de Pozega, qui constitue le pôle central de l’instruction-formation de la Hrvatska kopnena vojska (l’armée de terre croate), et y ont complété leur entraînement.
