Comme nous l’avions annoncé dans l’éditorial précédent, intitulé « Quand l’affrontement devient inévitable », la guerre contre l’Iran, menée par les États-Unis et Israël, est désormais une réalité.

Et elle continuera, du moins pour Israël, tant que l’Iran n’aura pas mis un genou à terre. Donald Trump précisant même « jusqu’à la capitulation inconditionnelle de l’Iran ». Si ses déclarations tonitruantes sont souvent sujettes à caution, tant ce président atypique et versatile a changé ses axes de guerre, c’est tout autre chose pour le Premier ministre israélien. Effectivement, après une semaine de bombardements aériens, lors de son discours prononcé le samedi 7 mars, Benyamin Netanyahou a affirmé que « Israël continuerait de frapper l’Iran avec toute sa force pour y éradiquer le régime [iranien] suivant un plan méthodique […] Nous irons jusqu’à la victoire ».

Il ne faut pas oublier que, depuis 2013, Netanyahou a poussé les différents présidents américains à frapper résolument l’Iran avant que les mollahs ne possèdent l’arme nucléaire.

Finalement, le président Trump s’est laissé convaincre et, dans la plus pure tradition hégémonique américaine, a lancé son aviation pour frapper l’Iran de concert avec les avions israéliens. Selon les officiers supérieurs israéliens : « Nous avions une opportunité opérationnelle d’agir contre cette menace existentielle. »

Cependant, la justification américaine « qu’une attaque nucléaire iranienne était imminente » pour déclencher leur conflit avec l’Iran ne résiste pas à l’examen. Cela rappelle malheureusement la raison pour laquelle les États-Unis ont envahi l’Irak en 2003.

Dans le même temps, Israël profitera d’une attaque de roquettes et de drones lancée par le Hezbollah le 2 mars pour en terminer avec le mouvement chiite libanais et l’écraser. Le Hezbollah joue actuellement sa survie.

Au moment où ces lignes sont écrites à la mi-mars, les États-Unis exigent que Téhéran fasse des concessions sur le nucléaire, tandis qu’Israël vise la chute du régime. Toutefois, les Iraniens se sont préparés à cette guerre totale. En témoigne leur riposte moins d’une heure et demie après la mort d’Ali Khamenei. Depuis, ils s’accrochent.

Chacun des belligérants tire des missiles, des munitions et des drones jusqu’à épuisement ou destruction des stocks. Ainsi, l’armada navale américaine a besoin de recompléter son arsenal en rentrant au port ou, du moins, en étant ravitaillée en mer en ce qui concerne les munitions.

N’a-t-on pas cru que la guerre en Ukraine serait courte ? Or, elle dure depuis quatre ans.

Enfin, la donne pourrait changer si la Chine et la Russie aidaient l’Iran en missiles, en drones et en renseignements (indispensables pour désigner les cibles), tout comme l’Occident le fait pour l’Ukraine.

Combien de temps peut durer cette guerre ? Car, à la différence des Américains, les Israéliens iront jusqu’au bout, même seuls.

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