Le dirigeant Kim Jong-un avait bien appelé dans ses vœux du nouvel An à un renforcement des capacités militaires du pays mais il avait aussi déclaré que le bien-être alimentaire de ses concitoyens devait primer sur la course aux armements. À l’évidence, après le tir d’un missile stratégique depuis un sous-marin en plongée, il semble que la Corée du Nord souhaite ajouter cette arme sophistiquée à son arsenal.
Le missile transportant une « ogive planante hypersonique » aurait atteint une cible située en mer du Japon à une distance de 1.000 km. Selon Pyongyang, le vecteur aurait « effectué un vol plané sur 600 km avant d’effectuer un parcours en vrille sur 240 km ».
Séoul a constaté que ce tir avait atteint une vitesse hypersonique ce qui confirmait un certain « progrès » par rapport aux deux tirs précédents. Pour mémoire, les missiles hypersoniques qui défrayent la chronique ces derniers temps peuvent dépasser une vitesse de Mach 5 et surtout leur trajectoire change en cours en vol ce qui les rend difficilement interceptables.
Depuis son arrivée au pouvoir, Kim Jong-un a considérablement fait progresser la technologie militaire nord-coréenne. Les missiles hypersoniques feraient partie d’une des « premières priorités » du plan quinquennal de Pyongyang.
Dès mardi, l’Union européenne a condamné cet essai appelant Pyongyang à répondre de manière « constructive » à l’ouverture diplomatique des États-Unis. Le problème, c’est Kim Jong-on ne semble pas pressé de répondre à l’appel du pied de la Maison-Blanche et que l’UE n’a strictement aucune influence sur le régime nord-coréen.
Le porte-parole du département d’État américain, Ned Price, a déclaré que ce lancement « viole de multiples résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies ». Et comme à son habitude, le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, s’est également dit préoccupé par cet essai.
De nombreuses résolutions de l’ONU interdisent à la Corée du Nord de procéder à des essais de missiles balistiques et nucléaires. Pyongyang a toujours revendiqué son droit à développer ces armes s’attirant une cascade de sanctions qui ne semblent pas impressionner Kim Jong-un. Il sait que sa survie réside dans son armement stratégique(1) et dans le soutien discret de la Chine qui lui permet de continuer à faire tourner le pays en dépit des sanctions internationales.

1. Si le colonel Mouammar Kadhafi avait eu un armement nucléaire, même embryonnaire, à sa disposition, il est probable qu’il serait encore en vie.