Avec la fin proche des essais de qualification du pont flottant motorisé F2 (PFM F2), réalisés à l’École du génie d’Angers, l’Armée de terre va pouvoir bénéficier début 2020 des premiers modules, 200 m prévus au contrat devant être livrés par CNIM dans le courant l’année. 300 m supplémentaires ont été ajoutés depuis la signature d’un premier document.

Le PFM F2 intègre des moteurs plus puissants, une commande centralisée qui limite le personnel de conduite, mais aussi une conception plus modulaire qui permet de concentrer sur seulement deux porteurs routiers un module MLC40 lequel peut constituer un ferry capable de porter 40 tonnes, soit quasiment tous les véhicules de l’Armée de terre (sauf le Leclerc).
Plusieurs MLC40 peuvent évidemment être ensuite intégrés pour porter plus de fret. Les porteurs sont désormais des
Scania ; certaines cabines sont blindées, pour prendre en compte les menaces asymétriques. 24 véhicules neufs sont compris dans le marché, avec autant de remorques complètement rénovées par CNIM qui les avait fabriquées dans les années 80. Connu pour ses activités maritimes et dans la dissuasion, CNIM avait historiquement construit des matériels terrestres pendant la Première Guerre mondiale, mais aussi des chars AMX-13 pendant la guerre d’Algérie et jusqu’en 1964.

CNIM poursuit, sur financement interne, le développement d’un PFM F3 qui permettra de s’adapter à l’aide au franchissement de véhicules plus lourds, jusqu’à 120 tonnes (soit un char et son porte-char), de réduire encore la masse de personnel nécessaire pour la mise en œuvre et l’emploi de tracteurs 8 x 8 (par exemple sur un PPLOG). La longueur des modules sera de 6,75 m ou de 10,1 m de long pour une masse unitaire de 14 tonnes.
Les moteurs sont désormais des Evinrude de 115 chevaux.

Dans sa version PFM3L, il pourra aussi s’assembler automatiquement, sans recourir à des semi-rigides pour assister le montage. Ce dernier pourrait être réalisé
en 15 à 30 minutes. Le module de base MLC30 nécessite quatre véhicules, et porte deux rampes longues et deux sections. CNIM estime la ressource humaine
à quatre pilotes et six sapeurs. 

La version longue à neuf sections et deux rampes longues (106 m) nécessite 11 véhicules pour son transport, 11 pilotes pour son maniement et 20 sapeurs.

Un ferry MLC40 (trois modules, deux rampes) de PFM F3 XP et ses quatre camions 8 x 8 et huit personnels peuvent être projetés avec deux avions de type A400M. 

Le PFM F3 devrait être disponible à partir de la fin 2020, soit deux ans après le lancement du concept. 

Il a déjà été présenté à l’Armée de terre mais, dans un marché du franchissement perçu comme particulièrement actif par CNIM, le premier utilisateur pourrait être étranger. CNIM avait vendu des PFM F1
à l’Italie, à la Suisse et à la Malaisie.

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Texte

jean-Marc TANGUY

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CNIM

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