En marge du sommet de l'OTAN, qui s'est tenu à Ankara en juillet dernier, le président turc Recep Tayyip Erdogan a demandé la levée des restrictions qu'imposent encore certains États européens à l'industrie de défense turque, mais aussi l'intégration de son pays aux structures de défense européennes.

Il s’agit d’une demande régulière de la Turquie, mais qui rencontre une résistance tenace de la part de plusieurs États de l’Union européenne, notamment l’Allemagne et la France. Ankara a fait valoir ses arguments : l’importance de son armée, la deuxième de l’OTAN, son industrie de défense en plein essor, sa position stratégique entre Europe, Russie, Caucase et Moyen-Orient, ou encore sa capacité de dialogue avec des acteurs opposés, tels Moscou et Kiev ; des relations bilatérales qui, cependant, ne se traduisent pas par une position commune des pays de l’UE. De plus, Ankara continue de susciter la méfiance d’un certain nombre de ces derniers concernant des dossiers sensibles touchant à la sécurité européenne, conflit gréco-turc au sujet de Chypre en premier lieu. Elle rappelle enfin que Paris, qui a récemment renouvelé son accord de défense avec Athènes avec des clauses de défense mutuelle et d’importantes ventes d’armement à la Grèce, bloque toute avancée des coopérations en matière de défense avec la Turquie. Faute de consensus entre les États membres de l’UE, Ankara se contente pour l’instant de coopérations bilatérales avec certains pays, comme l’Espagne ou l’Italie.