Si la Royal Navy a dominé les mers depuis 250 ans, les temps ont bien changé. En effet, la situation d’un point de vue opérationnel et stratégique est jugée « catastrophique » par certains experts de la marine d’outre-Manche. Cette dernière ne disposerait actuellement d’aucun sous-marin nucléaire d’attaque (SNA) capable de partir immédiatement en mission. Toujours selon des renseignements « ouverts », aucun des SNA des classes Astute et Trafalgar n’est en mission actuellement… Or, ces sous-marins sont notamment chargés de protéger les navires de combat, de traquer les sous-marins adverses (russes) (1) et d’escorter les sous-marins nucléaires lanceurs d’engins (SNLE) britanniques.
Ainsi, en ce début d’année 2026, la Royal Navy a dû s’en remettre à ses partenaires pour assurer la protection de l’un de ses porte-avions lors de son déploiement dans le Grand Nord, ainsi que celle de ses SNLE au moment de leur départ en patrouille. Au printemps, la marine britannique a fait discrètement appel à un SNA français, le Suffren, pour assurer la sécurité devant la base navale de Faslane.
Actuellement, les Britanniques n’alignent pas six SNA, mais cinq, tant que le dernier né, l’Agamemnon, n’aura pas terminé ses essais à la mer. Et les spécialistes doutent des capacités à mettre en œuvre un septième SNA « tant en termes de budget que de sous-mariniers ou d’infrastructures de maintenance ».
Les causes sont nombreuses : des années de retards dans la maintenance, des infrastructures saturées, un manque de personnel qualifié, d’équipements et de fournisseurs. D’ailleurs, plusieurs bâtiments sont immobilisés depuis des mois, voire des années. La flotte des SNA et SNLE est emblématique des errements politiques.
Le Royaume-Uni prévoit de remplacer la flotte actuelle par au moins douze sous-marins de nouvelle génération issus du programme SSN AUKUS, avec pour objectif : un sous-marin tous les dix-huit mois. Soit un investissement colossal tout en sachant que la construction d’un SNA de type Astute nécessite plusieurs années !
Concernant les SNLE, la situation n’est guère plus brillante. La dissuasion britannique s’articule autour de quatre SNLE de type Vanguard, admis au service actif entre 1994 et 1999. Actuellement, seuls deux sont en service, les autres étant en maintenance. Ce qui implique des patrouilles de plus en plus longues, soit plus de six mois en mer (2).
Sur le plan stratégique, outre l’image du Royaume-Uni qui est écornée, cela représente un risque en matière de crédibilité stratégique, de projection navale et de stabilité européenne.
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