NIGERIA, UN LEADER DU GROUPE ÉTAT ISLAMIQUE TUÉ LE 16 AVRIL 2026
Abou-Bilal al-Minuki, décrit par le président américain Donald Trump comme « le second commandant de l’État islamique à l’échelle mondiale » et « le terroriste le plus actif au monde », a été neutralisé lors d’une opération conjointe menée par les forces nigérianes et américaines (Africacom) le 16 avril.
L’affirmation du président américain découle probablement du fait que, depuis le 3 août 2023, Abou Hafs al-Hachemi al-Qourachi, le calife de l’État islamique (EI, Daech), serait le chef de la branche somalienne de Daech, Abdulqadir Mumim. Hasard : dès le 6 août 2023, les « provinces » ouest-africaine, somalienne et yéménite de Daech lui avaient prêté allégeance…
Il est donc évident que le continent africain est devenu ces dernières années la zone d’opérations principale des groupes salafistes-djihadistes dépendant d’Al-Qaïda ou de Daech (ces deux entités se menant une guerre sans merci pour s’approprier des territoires). Ces mouvements terroristes y trouvent de nombreuses recrues au sein des populations de plus en plus miséreuses et une relative faiblesse des forces de sécurité étatiques, même quand elles sont soutenues par les volontaires de l’Africa Corps russe…
QUI ÉTAIT-IL ?
Né en 1982, il serait originaire de l’État de Borno, dans le nord-est du Nigeria, son surnom venant probablement de Mainok, une ville de cet État.
Barbier de profession, il était un responsable de Boko Haram sous les ordres d’Abubakar Shekau (tué en 2021), qui avait pris les armes contre le pouvoir en 2009 pour imposer la domination islamique dans le nord du Nigeria.
Conformément à la rébellion d’Abou Moussab al-Barnawi, al-Minuki aurait fait allégeance à l’EI en 2015 et aurait orchestré des opérations dans la région du Sahel et en Afrique de l’Ouest.
En 2023, il a été inscrit par Washington sur sa liste des « terroristes spécialement désignés ».
Dans son dernier rapport sur le terrorisme mondial datant de février 2026, le groupe d’experts de l’ONU chargé d’étudier les violations des sanctions imposées a identifié Minuki comme le chef du bureau d’Al Furqan de l’État islamique chargé de gérer ses affaires internationales et de transférer des fonds entre les différentes branches du mouvement dans le monde.
Il aurait été récemment nommé « chef de la Direction générale des provinces » (DGP), faisant de lui l’une des figures les plus importantes de Daech, car la DGP est chargée de coordonner les activités des douze provinces de l’État islamique à travers le monde, et pas seulement en Afrique.
L'OPÉRATION MILITAIRE AMERICANO-NIGÉRIANE
Le président nigérian, Bola Tinubu, a déclaré que les deux pays avaient mené une « opération conjointe audacieuse qui a porté un coup dur » au groupe État islamique.
Cette opération fait suite à des déclarations du président Trump selon lesquelles le Nigeria ne faisait pas assez pour protéger les groupes vulnérables, y compris les communautés chrétiennes ; affirmations maintes fois démenties par les autorités nigérianes qui affirment que les violences dans le pays affectent des personnes indépendamment de leur religion.
Al-Minuki a été tué avec « plusieurs de ses lieutenants » lors d’une frappe contre l’un de ses repaires dans le bassin du lac Tchad, une vaste région de voies navigables et de marécages partagée entre le Nigeria, le Tchad, le Niger et le Cameroun. Cette vaste zone a longtemps été un bastion de Boko Haram et de sa faction rivale, la Province de l’État islamique en Afrique de l’Ouest (ISWAP).
Un porte-parole des forces nigérianes a déclaré que les services de renseignement avaient repéré le camp retranché de Minuki dans l’État de Borno.
Il a précisé que l’opération avait commencé dans la nuit du 15 au 16 avril après des mois de collecte de renseignements et de reconnaissances. Il a affirmé que « les unités engagées n’avaient subi aucune perte humaine ou matérielle », caractérisant l’opération comme une démonstration de la collaboration accrue entre les forces nigérianes et américaines.
UN LEADER DU HAMAS TUÉ À GAZA
Le commandant de la branche armée du Hamas à Gaza, Izz ad-Din al-Haddad, a été tué lors d’une frappe aérienne israélienne le 15 avril, malgré le cessez-le-feu décrété le 10 octobre 2025.
Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou, et le ministre de la Défense, Israël Katz, ont déclaré qu’Haddad était « responsable du meurtre, de l’enlèvement et des blessures de milliers de civils israéliens et de soldats de Tsahal ».
Ils ont ajouté : « Nous continuerons à agir avec force et détermination contre quiconque a participé au massacre du 7 octobre. » Al-Haddad était considéré comme l’un des planificateurs de cette opération terroriste.
Selon la presse, l’immeuble résidentiel « Al-Mu’taz » a été atteint par trois missiles avant qu’une voiture en fuite ne soit à son tour touchée à plus d’un kilomètre du bâtiment, tuant ses trois passagers.
Les pourparlers entre les deux parties sont dans l’impasse depuis le déclenchement de la guerre en Iran le 28 février, et le Hamas semble réaffirmer progressivement son autorité sur Gaza.
La guerre, qui dure depuis deux ans, a été déclenchée par l’attaque menée par le Hamas contre le sud d’Israël le 7 octobre 2023 au cours de laquelle environ 1 200 personnes ont été tuées et 251 autres prises en otage.
Israël a répondu en lançant une campagne militaire contre le Hamas à Gaza au cours de laquelle plus de 72 744 personnes ont perdu la vie (selon le ministère de la Santé, dirigé par le Hamas). D’après la même source, 857 personnes ont été tuées depuis le début du cessez-le-feu.
UN RESPONSABLE DES ATTENTATS COMMANDITÉS PAR TÉHÉRAN À L'ÉTRANGER ARRÊTÉ
Le 15 mai, Mohammad Baqer Saad Dawood Al-Saadi, un commandant de la milice chiite irakienne « Kataib Hezbollah », âgé de 32 ans, a été mis en examen à Washington. Il est accusé de six chefs d’inculpation liés au terrorisme. Il avait été appréhendé en Turquie et expulsé vers les États-Unis dans la foulée.
Il serait à l’origine des 18 attaques perpétrées en Europe et des deux autres au Canada depuis le début de la guerre contre l’Iran, déclenchée le 28 février 2026.
C’est lorsqu’il a tenté d’étendre ses activités aux États-Unis en visant une synagogue de New York, des institutions juives à Los Angeles et à Scottsdale, en Arizona, en réponse à la guerre américano-israélienne contre l’Iran, qu’Al-Saadi a été identifié. Pour cela, il a contacté quelqu’un qu’il croyait être un sympathisant, mais qui était en réalité un informateur du FBI.
Le 20 mars, lors d’un appel téléphonique, il a évoqué avec ce correspondant les attentats européens qui venaient d’avoir lieu. Il lui a déclaré qu’il « dirigeait plusieurs équipes » et a demandé si quelqu’un pouvait l’aider à mener des attaques aux États-Unis et au Canada contre des cibles telles que des « synagogues juives » et des « sièges sociaux sionistes ».
Le 3 avril, Saadi a été introduit auprès d’un agent spécial agissant sous couverture se faisant passer pour un membre d’un cartel mexicain.
Saadi a accepté de payer 10 000 $ en cryptomonnaie pour les attaques et a versé un acompte de 3 000 $.
Au cours d’un dernier appel le 6 juin, il a déclaré : « Cette guerre ne prendra pas fin. Soit ils nous anéantissent, soit nous les anéantissons. »
La suite exacte n’est connue que des « initiés », mais force est de constater que le directeur du FBI, Kash Patel, a remercié chaleureusement l’ambassadeur américain en Turquie, Tom Barrack, le qualifiant de « déterminant pour mener à bien cette mission aux États-Unis ».
Toujours est-il qu’il a été arrêté par les Turcs et remis aux Américains via le FBI avant d’être transféré aux États-Unis. Comme la CIA, la DEA et le Department of Homeland Security, le FBI entretient une mission de liaison permanente au sein de la représentation diplomatique américaine en Turquie.
Le 15 avril, il a comparu devant la juge Sarah Netburn du tribunal fédéral de Manhattan, qui l’a placé en détention provisoire.
Selon l’acte d’accusation, depuis la guerre en Iran, Al-Saadi « a dirigé des attaques contre les intérêts américains et israéliens, y compris en tuant les Américains et les Juifs ». Il est précisé qu’Al-Saadi et ses associés ont planifié, coordonné et revendiqué la responsabilité d’au moins 18 attentats en Europe et 2 au Canada depuis le 9 mars 2026, perpétrés au nom du « Harakat Ashab al-Yamin al-Islamiya », une création du « Kataib Hezbollah ».
Les attaques visaient des communautés juives et des intérêts américains à travers le continent. Selon l’acte d’accusation, le 9 mars, une synagogue de Liège, en Belgique, a été la cible d’un attentat à l’explosif. Le 13 mars, une synagogue de Rotterdam, aux Pays-Bas, a été incendiée. Le 14 mars, des explosifs ont été utilisés contre une école juive d’Amsterdam. Le 15 mars, la Bank of New York Mellon d’Amsterdam a été la cible d’un attentat à l’explosif.
Des attaques similaires se sont poursuivies en mars et avril dans plusieurs villes européennes, notamment Londres, Anvers, Paris, Munich et Skopje (Macédoine du Nord).
Le 12 avril, une synagogue de Skopje a été incendiée. Le 16 avril, Al-Saadi a diffusé une vidéo contenant des images de vidéosurveillance de la synagogue avec le logo de « Harakat Ashab al-Yamin al-Islamiya ».
À Londres, quatre ambulances Hatzalah, desservant principalement des communautés juives orthodoxes, ont été la cible d’un incendie criminel. Le 29 avril, deux hommes juifs, dont un citoyen américano-britannique, ont été poignardés et grièvement blessés à Londres.
Saadi aurait publié des vidéos de propagande après chaque attentat en Europe, revendiquées par le « Harakat Ashab al-Yamin al-Islamiya ».
L’une de ces vidéos contenait le message suivant : « Ceci est l’avertissement final. À tous les peuples du monde, et en particulier à ceux de l’Union européenne, prenez immédiatement vos distances avec tous les intérêts américains et sionistes. »
L’accusation affirme que Saadi a travaillé en étroite collaboration et en personne avec le major-général Qassem Soleimani, qui dirigeait la Force Al-Qods avant sa mort lors d’une frappe de drone américaine en janvier 2020.
Il travaillait également étroitement avec Abou Mahdi al-Mouhandis, chef du Kataib Hezbollah, qui a été tué lors de la même frappe.
En juillet 2020, al-Saadi avait publié une image du Capitole américain en ruines projetée sur les visages de Soleimani et Mouhandis, accompagnée du texte : « Notre vengeance pour les dirigeants martyrs est en cours. Aucune négociation avec l’occupant. »
En février 2026, il publia un message en arabe qui disait : « N’abandonnez pas le sang de votre imam, ô chiites d’Irak ! Tuez tous ceux qui soutiennent l’Amérique et Israël. N’en laissez aucun en vie. Cibles civiles et militaires, ainsi que les voix discordantes, tuez-les partout. »
La lutte contre le terrorisme reste une priorité en Occident et les succès ne sont pas assez soulignés. Il est vrai que lorsqu’un activiste est neutralisé, il est rapidement remplacé et la menace reste donc toujours présente. Elle doit être complétée par une guerre des idées qui défend le système démocratique par rapport à tous les obscurantismes. Winston Churchill le disait bien : « La démocratie est un mauvais système, mais elle est le moins mauvais de tous. »
