En effet, depuis une dizaine d’années, l’USAF cherche à retirer de son inventaire cet avion d’attaque au sol, notamment afin de trouver des marges de manœuvre budgétaires pour financer d’autres programmes. Cependant, à chaque tentative, elle s’est heurtée à l’opposition du Congrès, qui, dans la dernière NDAA (National Defense Authorization Act), la loi d’autorisation de la Défense nationale, lui a imposé d’en conserver 103 exemplaires. Pour autant, l’USAF avait récemment mis un terme à la formation de nouveaux pilotes de Warthog et décidé de se contenter de leur assurer un minimum de maintien en condition opérationnelle. L’objectif visait à retirer toute la flotte du service dans les deux ans à venir. Or, fin avril dernier, le Pentagone a remis les pendules à l’heure en décidant de prolonger la vie opérationnelle des Warthog au moins jusqu’en 2030. C’est l’opération de sauvetage de l’équipage du F-15E, abattu par la défense aérienne iranienne le 3 avril dernier, qui a provoqué ce revirement. Cette opération C-SAR (Combat-Search and Rescue) a impliqué des A-10, qui ont assuré un appui-feu rapproché constant au-dessus de la zone d’extraction. À ce jour, aucune solution satisfaisante n’a été trouvée pour remplacer le Warthog dans ce rôle. En outre, au-delà de la mission C-SAR, l’USAF a massivement déployé ses A-10 dans l’opération Epic Fury (Fureur épique). Ils ont notamment visé les milices pro-iraniennes en Irak. D’où la décision annoncée par Troy Meink, le secrétaire de l’USAF, de conserver en service les Warthog jusqu’à au moins 2030, en attendant de leur trouver un remplaçant.
