Pour étayer cet avertissement, l’agence Tasnim a publié une carte détaillée des câbles internet sous-marins reliant le golfe Persique et la mer Rouge via les détroits d’Ormuz et de Bab el Mandeb. Dans une menace à peine voilée, Téhéran les qualifie d’« extrêmement vulnérables ».
Au moins sept câbles sous-marins majeurs traversent le détroit d’Ormuz par lesquels transitent plus de 97 % du trafic internet mondial, notamment pour le commerce électronique, les services cloud et les communications.
Téhéran décrit le détroit comme un « point faible pour l’économie numérique des pays du Golfe ».
Plusieurs câbles à fibre optique sous-marins internationaux avaient déjà été rompus en mer Rouge simultanément le 6 septembre 2025, perturbant le trafic Internet mondial. Les Houthis alliés de Téhéran avaient été soupçonnés d’être à l’origine de cet incident bien qu’ils l’aient nié(1).
Les Iraniens ont les moyens techniques pour réaliser ce type de sabotage, particulièrement en utilisant les plongeurs de combat de l’unité spéciale « NEDSA », une force « takavar » (commando) de la composante maritime des pasdarans.
Elle est basée sur l’île du Grands Farur dans le golfe Persique et peut être mise en œuvre depuis des sous-marins de poche de classe Ghadir, des vedettes rapides ou encore de navires civils dont des boutres (dhaws) de pêcheurs très nombreux sur zone.
Historique récent
Après l’annonce par Donald Trump, le 21 avril, d’une prolongation du cessez-le-feu entre les États-Unis et l’Iran, Téhéran a refusé de prendre position officiellement sur l’état du cessez-le-feu, a nié avoir consenti à une quelconque prolongation et a indiqué qu’il ne reprendrait pas les négociations tant que le blocus naval américain des ports iraniens serait maintenu.
Des messages liés au Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) iranien ont multiplié les menaces contre les infrastructures pétrolières, maritimes et numériques régionales.
Le régime a rapidement mis ces menaces à exécution, attaquant au moins trois navires et arraisonnant deux bâtiments dans le détroit d’Ormuz sans parler des mines qui auraient été mouillées sur zone.
Dans une publication sur Truth Social datée du 21 avril, Trump a écrit que, tant que la République islamique actuellement « divisée » entre « dingues » ne sera pas en mesure de « présenter une proposition unifiée », il prolongera le cessez-le-feu.
Il commet là une erreur majeure car, s’il y a bien des opinions divergentes au sommet de l’État en Iran, les responsables actuels sont tous issus du même moule(2) des anciens combattants de la guerre contre l’Irak (1980-1988). La nouvelle génération qui a été décapitée a été remplacée par des plus anciens qui ont partagé les mêmes champs de bataille puis les mêmes casernes. Ils sont tout sauf conciliants.
L’agence Tasnim liée aux Gardiens de la révolution a réagi à l’annonce du président Trump du 21 avril déclarant : « l’Iran n’a pas demandé de prolongation du cessez-le-feu, et l’annonce de Trump, faite sans préciser de calendrier, peut avoir plusieurs interprétations ». Elle a ajouté : « le maintien du blocus naval équivaut à la poursuite des hostilités. L’Iran ne rouvrira pas le détroit d’Ormuz tant que le blocus persistera et, si nécessaire, le brisera par la force ». Enfin, dans un dernier tweet du 23 avril, Trump donne l’ordre d’« abattre et tuer tous les bateaux, aussi petits soient-ils (…) qui posent des mines » dans le détroit d’Ormuz. Les dirigeants majoritairement issus des pasdarans sont certainement terrorisés…
