Au cours de cette réunion, qui s’est tenue récemment à Washington, les deux pays ont échangé sur les voies de renforcement et d’élargissement de leur coopération militaire dans un contexte où Maroc et États-Unis ont vu leurs liens se renforcer encore un peu plus au cours de ces derniers mois. La délégation marocaine était notamment conduite par le ministre délégué chargé de l’Administration de la Défense nationale, Abdellatif Loudiyi, et par le général de corps d’armée, Mohammed Berrid. Au menu des discussions avec leurs homologues américains : le renforcement des relations bilatérales portant sur la défense, l’industrie militaire et la cybersécurité. Alors qu’une feuille de route avait été signée en 2020 pour une période de dix ans, Rabat et Washington ont donc décidé de la réviser et de la prolonger jusqu’en 2036. Parmi les points-clés de ce nouveau partenariat, la formation des cadres et l’échange d’expertises, l’organisation d’exercices conjoints, dont le rendez-vous African Lion et l’acquisition et l’optimisation des capacités militaires. Concrètement, les États-Unis intègrent le Maroc au système de défense Link 16, le réseau tactique de communications cryptées réservé jusqu’à présent aux pays membres de l’OTAN. Par ailleurs, le Maroc s’apprête également à accueillir le premier centre américain de formation aux drones en Afrique. L’objectif est de sensibiliser plusieurs armées africaines aux techniques éprouvées par l’armée ukrainienne dans le conflit qui l’oppose à la Russie depuis février 2022. Dans ce cadre, seize pays africains vont apprendre à intégrer les drones dans leurs opérations militaires en utilisant quatre types d’appareils différents. Washington n’a pas précisé cependant avec quel type de drones elle entendait former ses partenaires africains, mais il pourrait s’agir des mêmes engins que ceux utilisés sur le théâtre d’opérations ukrainien, c’est-à-dire des drones légers de moins de 25 kg volant à moins de 1 000 m d’altitude et dont le coût n’excède pas quelques milliers d’euros. Pour mémoire, le Maroc est aussi devenu le plus gros acheteur d’équipements militaires américains du continent africain avec près de 8,5 milliards de dollars de contrats actifs en 2025.
