Pour ce faire, Tokyo entend mettre les moyens pour y parvenir. Aujourd’hui, au sein des JSDF, les femmes ne représentent que 9 % des effectifs. Pour parvenir à porter cette proportion à 13 % d’ici 2036, le ministère de la Défense s’engage à améliorer les conditions de travail du personnel féminin en voulant mieux concilier la vie professionnelle et la vie privée. Il promet, notamment, des espaces dédiés aux femmes dans chaque base militaire, des quartiers féminins à bord des navires, ainsi que des toilettes et des bains réservés. Cette volonté intervient après plusieurs scandales au sein de l’armée japonaise. En décembre 2023, trois anciens militaires avaient été reconnus coupables d’agression sexuelle contre une de leur camarade, qui avait témoigné publiquement sur YouTube, une initiative rare au Japon, dénonçant l’inaction de sa hiérarchie et le rejet d’une première plainte par la justice. L’affaire avait suscité alors un vif débat au Japon. Les JSDF cherchent ainsi à attirer davantage de recrues féminines, mais aussi masculines pour parer au manque d’effectifs, dans un contexte de pénurie chronique et de tensions sécuritaires en Asie. Plusieurs éléments continuent de freiner les vocations : des missions jugées peu stimulantes, des salaires faibles et un âge de départ à la retraite fixé à 56 ans. Aujourd’hui, environ 10 % des postes au sein des forces armées japonaises restent vacants.
