Lancée le 16 mars dernier par les autorités de Quito dans quatre provinces côtières de l'Équateur soumises à l'état d'exception et au couvre-feu, l'opération Offensive totale, confiée à 35 000 militaires et policiers, s'est conclue fin avril dernier avec un bilan toujours incertain.

Pendant plusieurs semaines, cette offensive lancée contre les groupes armés et le trafic de drogue à la frontière colombienne a impliqué le déploiement de forces considérables, sans précédent jusqu’à présent. Avec le support des États-Unis (renseignement et logistique), cette opération s’est déroulée dans les provinces d’El Oro, Guayas, Los Rios et Santo Domingo. L’armée et la police ont ciblé, entre autres, des mines d’extraction d’or illégales, des pistes d’atterrissage clandestines — utilisées par les « avionnettes » des narcotrafiquants — et des bases de groupes armés de la criminalité organisée. Au cours des opérations, plusieurs centaines d’armes auraient été saisies et près de mille personnes impliquées dans des activités illégales auraient été arrêtées, a déclaré Gian Carlo Loffredo, le ministre équatorien de la Défense. En haute mer, grâce notamment au soutien des États-Unis, la marine équatorienne aurait saisi cinq tonnes de drogue et capturé une quinzaine de narcotrafiquants. On ne sait pas encore si le bilan de l’opération Offensive totale aura été aussi positif que le prétendent les autorités de Quito. Bon nombre d’experts de la région, tout comme plusieurs responsables des forces armées et de sécurité, retiennent qu’il est encore trop tôt pour se prononcer sur les résultats de cette vaste opération sécuritaire. Selon eux, elle n’a fait que commencer, au mieux, à entamer les capacités de nuisance de la criminalité organisée. Rappelons que l’Équateur et la Colombie partagent une frontière d’environ 600 km, le long de laquelle circulent des guérillas colombiennes et des organisations criminelles impliquées dans le trafic de drogue et d’armes, la traite d’êtres humains et l’exploitation minière illégale.