Selon l’armée israélienne, plus d’une centaine de cibles auraient été visées simultanément dans le sud de Beyrouth, sur la ville portuaire de Sidon, dans la plaine de la Beqaa et la ville de Tyr.
Les objectifs incluaient des centres de commandement du renseignement, des quartiers généraux centraux, les infrastructures de lancement de missiles et des unités navales, les forces Radwan et l’unité aérienne 127 considérées comme l’élite du Hezbollah.
Selon Tsahal, ces objectifs jouaient un rôle clé dans les attaques menées contre Israël depuis le déclenchement de la guerre contre l’Iran.
Selon les autorités libanaises, ce bombardement massif surnommé « Mercredi noir » aurait fait quelques 357 morts et plus de 1.223 blessés. Selon Tsahal, plus de 180 tués seraient des activistes du Hezbollah.
Cette opération menée par l’armée de l’Air en coordination avec le commandement nord avait été préparée longtemps à l’avance, en particulier par les services de renseignement israéliens dont l’Aman et le Mossad. Elle dépasse en importance celle qui avait concerné les beapers piégés(2).
L’objectif n’était pas de frapper des capacités militaires, mais d’agir sur la chaîne décisionnelle, les nœuds de transmission de l’information et les centres de commandement opérationnels afin de désorganiser la chaîne de commandement dans un laps de temps extrêmement court.
Il avait donc été découvert que des réunions en réseau avaient lieu régulièrement entre différents responsables du Hezbollah. Personne ne sait comment les services israéliens sont parvenus à localiser géographiquement les principaux lieux où se trouvaient les interlocuteurs de ces conversations.
Une fois les renseignements acquis, une cinquantaine d’appareils avaient été mis en alerte 24/24 pour pouvoir intervenir dès qu’une nouvelle réunion débutait.
Quand cela a eu lieu le 8 avril, le top départ baptisé « opération Ténèbres éternelles » a été donné. Les avions ont rejoint leurs zones de déploiement et bombardé les cibles qui leur avaient été assignées préalablement. 160 bombes auraient été larguées sans compter les obus d’artillerie tirés. Il fallait effectuer ces frappes dans un laps de temps très court pour être sûr de neutraliser un maximum d’interlocuteurs avant qu’ils ne se mettent à l’abri.
Malheureusement, malgré des ciblages précis, les pertes collatérales ont été très nombreuses, surtout dans la ville très densément peuplée de Beyrouth.
Chose peu habituelle, les Israéliens n’ont pas donné de liste de responsables du Hezbollah neutralisés en dehors de celui d’Ali Yusul Hershi, le neveu et secrétaire personnel du leader du Hezbollah, Naim Qassem. Cette annonce n’a pas été officiellement confirmée.
Et la suite ?
À l’occasion de sa visite le 12 avril dans le Sud-Liban et dans le Nord d’Israël accompagné du ministre de la Défense Israel Katz et du chef d’état-major, le général Eyal Zamir, du Premier ministre Benjamin Netanyahou il a précisé : « La guerre se poursuit, y compris dans la zone de sécurité au Liban […] Nous avons accompli un travail immense, des réalisations considérables, mais il reste encore du travail … ».
Benjamin Netanyahou a aussi souligné une transformation stratégique plus large : « nous avons, en réalité, changé le visage du Moyen-Orient […] nos ennemis – l’Iran et l’axe du mal – étaient venus pour nous détruire, et ils luttent désormais pour leur propre survie ».
Cette visite sur le terrain illustre la volonté du gouvernement israélien de poursuivre sa pression militaire contre vents et marées.
La guerre va se poursuivre car personne n’est capable de « désarmer » le Hezbollah qui est mélangé à la population libanaise. Ce mouvement renaît en permanence de ses cendres, de nouvelles générations d’activistes prenant la relève de ceux qui ont disparu.
Voir : « a/s bipeurs et talkies walkies du Hezbollah libanais piégés » du 19 septembre 2024.
