Le ministre sud-africain de la Police, Firoz Cachalia, a annoncé l'intervention militaire pour combattre la criminalité, en particulier la violence des gangs qui terrorisent plusieurs provinces du pays.

Cette mesure, évoquée en février dernier par le président sud-africain, Cyril Ramaphosa, dans son discours à la nation, suscite beaucoup d’interrogations au sein de la classe politique et chez les spécialistes des questions sécuritaires. Depuis plusieurs années, la South African National Defence Force (SANDF), et plus particulièrement l’armée de terre, la South Africain Army, est de plus en plus utilisée pour pallier les lacunes de la police. On ignore encore le nombre de militaires que Pretoria va déployer dans le pays pour lutter contre le crime et les gangs. Cela étant, selon le ministre de la Police, trois zones particulièrement touchées par la criminalité seront ciblées : la province du Cap occidental avec la ville du Cap, la province du Gauteng, où se trouvent Johannesburg et Pretoria, et surtout la province du Cap oriental, où la criminalité liée aux gangs a fortement augmenté dans des villes comme Port Elisabeth, East London et Mthatha. Avec ce déploiement, le gouvernement dit vouloir soutenir la South African Police (SAP) dépassée par la violence et la criminalité des gangs impliqués, notamment dans l’exploitation minière illégale. L’Afrique du Sud détient l’un des taux de mortalité les plus élevés au monde, avec environ 60 décès par jour. Une grande partie de ces décès est due aux conflits entre gangs pour le contrôle de territoires et de points de vente de stupéfiants, en particulier au Cap, ou aux fusillades liées à l’exploitation minière illégale, comme dans la province de Gauteng. En 2019, l’armée avait déjà été sollicitée face aux gangs, mais sans succès durable. L’initiative du gouvernement est accueillie avec prudence par les partis politiques de l’opposition et de nombreux observateurs, pour qui cette décision est un aveu d’échec de la SAP, et émettent des doutes sur l’efficacité d’un déploiement de la SANDF, les militaires étant eux-mêmes débordés, sous-financés et non formés à la lutte contre la criminalité. De plus, la SANDF est en pleine réflexion et reconfiguration après l’annonce de son retrait de la MONUSCO, la Mission de l’Organisation des Nations unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (voir RAIDS no 477 — avril 2026), à laquelle elle participait depuis 27 ans.