Bien qu’impliqué directement de la répression sanglante des manifestations de la fin 2025-début 2026, Ali Larijani était précédemment considéré comme un pragmatisme en géopolitique et était un partisan d’un certain libéralisme économique inspiré par les réformes du dirigeant chinois Deng Xiaping.
Par contre Zolqadr est une personnalité qui fait partie de la ligne dure du monde politico-religieux iranien.
Il a occupé dans le passé des postes importants comme adjoint chargé de la sécurité au ministère de l’Intérieur, adjoint à l’état-major des forces armées et conseiller du chef de la magistrature pour la prévention de la criminalité.
Il a dirigé le bureau électoral de la faction politique de la ligne dure, le Front populaire des forces révolutionnaires islamiques.
Depuis 2022, il était secrétaire du Conseil de discernement de l’intérêt supérieur du régime, une institution créée en 1988 par l’Ayatollah Khomeini (qui peut s’apparenter à un conseil d’État), une assemblée qui résout les différends entre le Parlement et le Conseil des gardiens de la Constitution qui peuvent mettre leur veto à la proposition de lois et superviser les élections.
Le CSSN est officiellement placé sous l’autorité du président élu, Masoud Pezeshkian. Il coordonne la sécurité et la politique étrangère, et comprend de hauts responsables militaires, de renseignement et gouvernementaux en plus des représentants du guide suprême qui ont le dernier mot sur toutes les questions d’État.
Un autre pilier central du pouvoir qui est en train de se restructurer est Mohammad Bagher Ghalibaf, le président du Parlement depuis 2020 et ancien commandant de la composante aérienne des Gardiens de la Révolution. Fort d’une expérience militaire et politique, il représente le lien idéal entre les forces combattantes et les institutions étatiques.
Le président Donald Trump multiplie les déclarations – souvent contradictoires – dont les dernières parlent de « négociations » avec Téhéran. Ce qui est certain, c’est que si le pouvoir politico-militaire iranien a bien été décapité par les opérations militaires israélo-américaines, il s’est régénéré de l’intérieur(2).
Le journaliste Georges Malbrunot résume parfaitement la situation : « Donald Trump à raison. Grâce à lui, il y a eu un changement de régime en Iran. On est passé d’un régime religieux-militaire à un régime purement militaire, avec les Gardiens de la révolution aux commandes, le nouveau guide suprême n’étant que la couverture religieuse, qui plus est mal en point, du pouvoir militaire. C’est donc une erreur de parler de ‘régime des mollahs’. »
En dehors du président Masoud Pezeshkian qui est chirurgien, les autres responsables cités dans cet article sont des anciens pasdarans.
Quant au nouveau Guide suprême de la Révolution islamique d’Iran, Mojtaba Hosseini Khamenei, il n’est toujours pas apparu en public même si de nombreux messages émanant théoriquement de sa personne sont diffusés.
(1) L’auteur avait annoncé par erreur la nomination de Hossein Dehghan à ce poste dans son article : « Frappes israéliennes sur la Caspienne » du 20 mars 2026.
(2) Voir : « Israël continue la liquidation des responsables iraniens » du 19 mars 2026.
