La France va profiter du programme européen « SAFE » pour acheter des missiles Piorun sol-air tirés à l’épaule et fabriqués en Pologne, déjà acquis par l’Allemagne (mais aussi la Belgique, la Suède, l’Estonie, la Lettonie, la Norvège, la Moldavie) et utilisés par l’Ukraine. Une bonne partie pourrait aller en Ukraine (70 % selon Defence24.pl), le reste en France pour compléter les Mistral 3. Sa bulle d’efficacité est effectivement plus réduite, entre 400 m et 6 500 m de portée (plus de 8 km pour un Mistral 3), et une altitude comprise entre 10 m et 4 km (plus de 6 000 m pour le Mistral 3).

Les achats de missiles étrangers sont plutôt rares en France. Les seuls contre-exemples historiques concernent les Hawk et Javelin américains (époque Afghanistan). Par contre, la France se sert en Suède pour ses roquettes (AT4CS et AT4CS-NG) et missiles légers NLAW (Next generation Light Anti-tank Weapon), faute de solutions hexagonales, un des pays où pourtant est né ce type d’armes.

En matière de lance-roquettes, la France est toujours divisée entre un achat de modèles sud-coréen ou indien (une petite compensation de l’achat des Rafale). Les deux hypothèses ont aussi été évoquées courant février. Alors que la solution souveraine reste toujours possible, à commencer par celle de Turgis & Gaillard, qui ne règle pas la question de la roquette (la France n’en possède pas), mais simplifie grandement la question de l’agilité et de la maintenabilité du vecteur. La clé pourrait intervenir dans les mois à venir avec au moins une solution intérimaire palliative, avant peut-être une conclusion définitive, souveraine ou pas.